Pourquoi LeBron James n’est pas le nouveau Michael Jordan

(Long) Papiers.Buzz.Conf est.Non classé.Polémiques 17 mai 2010 | 2 Commentaires

La NBA et ceux que ca amuse peuvent continuer à chercher le nouveau Jordan. LeBron James n’est pas celui-là. Avec la déroute de son équipe face aux Celtics, l’ailier de Cleveland a montré qu’une chose le sépare encore du meilleur joueur de l’histoire et des autres grands du jeu : le mental.

Alors que son équipe sombrait, James semblait apathique, presque assommé. Le talent est là mais il manque encore chez LeBron la hargne, l’envie incontrôlable, presque maniaque, de gagner. Contre Boston, il n’y avait pas dans ses yeux cette volonté d’écraser les obstacles, cette haine viscérale de la défaite. L’instinct de tueur qui a porté Jordan, Bird et quelques autres au sommet. De son arrivée en NBA à son introduction au Hall of Fame, Jordan était habité par le volonté de prouver à tout le monde qu’il était le meilleur. Des autres joueurs jusqu’au au coach qui l’avait snobé au lycée. Cette première vexation étant probablement le déclencheur de cette détermination constante qui l’a ensuite habité.

LeBron n’a jamais été vexé. Admiré dès son adolescence, désigné Roi à son arrivée en NBA, héros dans son Ohio natal, jamais froissé par un coach d’envergure. James a la vie facile. Grâce à son incroyable talent, tout lui est permis. Après tout, il est le King. Danser au bord du terrain, faire le show en saison régulière, pour le moment, il sait faire. Mais en playoffs, là ou les hommes déterminés valent plus que les jeunes talentueux, James se situe toujours dans la seconde catégorie. Il doit encore grandir. Lorsqu’il parle, ca n’est pas un tueur qu’on entend, mais plutôt un enfant gâté par la nature et par les autres. Un peu trop arrogant.

« Moi ? Personnellement ? Non, je ne suis pas déçu. Je ne suis jamais déçu par mon jeu, expliquait-il après une piètre performance lors du match 5. Je sens que je pourrais faire plus mais je ne suis pas déçu du tout. »

Choquant ! 15 points à 3/14, et le MVP de la ligue n’est pas déçu ? On est loin du dégout et du dépit dans la voix de certains grands après une défaite. L’arrogance passe quand elle est accompagnée de succès. LeBron n’a rien gagné. Le Basket est un sport collectif, les titres de MVP ne sont que des honneurs, pas un accomplissement.

Régulièrement, LeBron rappelle qu’il est « un compétiteur. » « Je suis un gagnant, » « gagner est la seule chose que je veux… » répète-t-il à l’envie. Une manie qui tourne presque au tic de langage. Pourquoi ce besoin de le répéter si souvent ? Le King cherche-il à convaincre les autres ? A se convaincre lui-même ? MJ ou, plus près de nous, Kobe n’ont jamais eu autant besoin de le dire aux autres. Sûrement parce que les vrais compétiteurs n’ont pas besoin de le dire. Leur jeu parle pour eux.

Rien n’est perdu pour LeBron.  D’abord, quoi qu’il arrive, il n’est pas seul dans cet échec et il aura besoin de plus de coéquipiers de talent pour l’aider s’il veut gagner un titre. Ensuite, si l’instinct de la gagne est souvent dans les gênes, il peut aussi murir au fil des affronts. Après des années d’échecs à Minnesota, Kevin Garnett est ainsi passé du stade « talentueux et déterminé » à celui de « mort de faim borderline psychopate » lors de son arrivée à Boston. James vient justement de prendre une grosse claque. En conférence de presse, après l’élimination, il expliquait :

« Je suppose que vous devez vivre beaucoup de cauchemards avant de réaliser votre rêve. »

Un début de réalisation ? Ou une nouvelle preuve que LBJ pense que le titre lui est dût et qu’il va bien finir par lui tomber dans la main ? En tout cas, il ne tient plus qu’à LeBron de comprendre que s’il veut atteindre son rêve, il doit en faire une mission. Une obsession. Et surtout, qu’il ne doit pas s’endormir sur sa couronne.

2 Commentaires sur “Pourquoi LeBron James n’est pas le nouveau Michael Jordan”

  1. Fra dit :

    KG un « … « mort de faim borderline psychopate »… » MDR, c’est bien trouvé ! Sinon est-ce que LeBron a serré la main à ces adversaires ? J’ai pas regardé le match…

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  1. [...] y à un an, j’avais déjà écrit ici que LeBron ne serait jamais Michael Jordan car il n’a pas la m… que le numéro 23. Jamais MJ ne se serait permis de disparaitre dans le dernier quart d’un [...]

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