Le quart d’heure français : La fièvre arbitrale du samedi soir

Francais.Non classé 22 mars 2010 | 2 Commentaires

ALM Evreux Basket – Pau-Lacq-Orthez : 72 – 82

Pau était fort et les arbitres bien trop présents. Evreux s’incline face au leader mais tombe avec les honneurs. Une expérience désagréable mais pas totalement négative.

A la sortie de la salle Jean Fourré, les supporters en auraient presque les oreilles qui bourdonnent. Il y a eu du bruit samedi soir à Evreux. Beaucoup de bruit. Plus qu’à n’importe quel autre moment de la saison. Malheureusement, pas pour les bonnes raisons.

Devant une salle pleine, l’ALM s’est incliné contre Pau. La défaite n’est jamais agréable. Les conditions dans lesquelles intervient celle-ci sont encore plus amères.

Ce match aurait du se jouer sur quelques détails. Les béarnais n’auraient peut-être même pas eu besoin de l’aide des arbitres. Leur équipe est solide et efficace. Ils ne sont pas leaders pour rien. Mais malheureusement, les arbitres ont pesé sur ce match. Un bon arbitrage est un arbitrage qui ne se voit pas. L’homme et la femme en noir ont été les stars du show. Au centre de la piste, ils ont mené la danse. Ils ont donné la fièvre aux joueurs, aux coachs et aux spectateurs.

La première mi-temps se déroule pourtant presque sans accroc. Une vraie lutte entre deux belles équipes. L’adresse et la défense sont ebroiciennes, les rebonds sont palois. Mathis et un super Correa en sortie de banc permettent aux locaux de faire la cours en tête. En face, Teddy Gipson garde son équipe dans le match. A la pause, Evreux est devant.

Au retour des vestiaires, Pau met la seconde. Mais Evreux reviens. C’est là que tout dérape. Remy Valin avec l’arbitre. Le regard de ce dernier ne laisse pas de doute, le coach de l’ALM est désormais dans le viseur. L’impression se confirme quelques instants plus tard. Une technique tombe.

Les verts font le trou grâce aux lancers. Les arbitres compensent dans un sens puis dans l’autre. Les coups de sifflets étranges se succèdent. Même certains joueurs de Pau semblent désolés de ce qui se passe.

Dans la quatrième quart, Evreux reviens à 1 point. Il y a de nouveau un match. Et puis non. Les sifflets s’en prennent de nouveau aux locaux. Un retour en zone évident mais non sifflé provoque d’autres sifflets, ceux de la salle. La température monte encore. Une nouvelle technique s’abat sur Evreux. James Mathis, habituellement réservé, harangue la foule. Les décisions incompréhensibles s’accumulent. On nage en plein délire. Pau reprend le large.

Malgré tout, l’ALM réussit à revenir au contact. L’écart, qui est monté jusqu’à 10 points, n’est plus que de 5 unités à moins de 3 minutes du terme. Mais Mendy puis Maravic font la décision.

Gipson touché par une bouteille
L’apothéose est atteinte alors que le match est plié. 25,9 secondes à jouer, Philippe Da Silva ne joue pas et les 24 secondes s’écoulent. Le buzzer de fin de possession sonne et tout le monde commence à se serrer la main. Mais il reste 1,9 seconde au chrono général. Une seconde à laquelle tiennent les arbitres. A tel point que Didier Dobbels, pourtant vainqueur, s’accroche avec l’officiel. Remy Valin arrive pour calmer les choses mais des projectiles commencent à descendre des tribunes surchauffées. Gipson est même touché par une bouteille d’eau, heureusement sans gravité.

Triste vision que les arbitres ne font rien pour calmer. Sylvain Granska est sanctionné et Gipson se retrouve sur la ligne pour tirer deux lancers ! La salle gronde. L’incompréhension est partout, même sur le visage du joueur. La dernière seconde est jouée et le buzzer sonne enfin. La bronca du public est à la hauteur de la déception.

Les arbitres repartent escortés par des agents de sécurité sous les sifflets et quelques projectiles. Les joueurs, eux, sont ovationnés.

Heureusement, les joueurs, eux, montrent une classe sans faille. Des deux côtés. James Mathis d’abord. Malgré tout les évènements, le capitaine ebroicien ira quand même serrer la main des arbitres avant leur départ. Un bel exemple. Coté palois, Georgi Joseph va féliciter et serrer des mains dans la tribune du sixième homme.

Mathis prend le micro pour s’adresser aux spectateurs. Au sujet des jets de projectiles, il explique qu’il ne veut plus voir ca arriver. Philippe Da Silva traduit et appuis le propos.

Ce choc méritait bien mieux. Il méritait que les joueurs soient les seuls à se départager. Il méritait que l’article que vous lisez parle de la domination paloise au rebond, de l’adresse des jaunes et bleus, du dunk en contre attaque de Josh Gomes, des superbes contres Mory Correa ou de la vitesse de Gipson plutôt que des arbitres et de jets de projectiles.

Du positif
A la sortie des vestiaires, Remy Valin navigue entre la frustration et la détermination : « Que dire ? Après ça t’as plus envie de coacher. T’as plus envie de jouer au basket. » Mais le discours redeviens vite positif. « On a fait une réelle performance. On a jamais lâché l’affaire. On a maitrisé la première mi-temps. [...] Ça va solidariser le groupe. Ça me donne envie de me battre encore plus. Ça me redonne des forces. On va se bagarrer. »

Il y a du positif dans toutes les mauvaises expériences. Remy Valin a su le trouver. Le collectif déjà très solide d’Evreux ne peut ressortir que durcit par une telle soirée. Ça ne sera pas inutile pour la fin de saison et surtout pour des playoffs ou un collectif fort peut être la clé de l’exploit.

Autre enseignement positif de cette soirée : Evreux a les moyens d’aller loin cette année. Car malgré la défaite, l’ALM a montré que lorsqu’il ne s’agit que du jeu il peut lutter avec les meilleurs.

Photo : alm-evreux-basket.com

2 Commentaires sur “Le quart d’heure français : La fièvre arbitrale du samedi soir”

  1. Carpetstar dit :

    Très bel article qui reflète bien le climat de Samedi soir..
    Une chose est sure, un tel comportement des arbitres ne sert pas les intérets du basket pro en France.. Ca me donne méme plus envie d’aller aux matchs quand on voir que l’incompétence d’une seule personne peut influencer à ce point le résultat d’une rencontre…

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  1. [...] sera donc contre Pau. Une opposition pleine de promesses après deux matchs de saison régulière très chauds entre les deux [...]

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