Shaun Livingston : Comeback kid

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Transferts.Videos.Vie de la ligue 5 mai 2010 | 0 Commentaire

En voyant courir cette grande brindille, on avait parfois l’impression qu’il allait casser. Un jour, c’est arrivé. C’était le 26 février 2007. Lors d’un match contre les Bobcats, le genou de Shaun Livingston explose. Des images presque insoutenables.

Pour le jeune meneur des Clippers, cette blessure ressemble à l’époque déjà à la fin d’une carrière prometteuse. Pourtant, cette saison, si la NBA décernait un prix du comeback de l’année, c’est à Livingston qu’il devrait revenir.

Retour en arrière. En 2004, c’est avec une superbe afro et beaucoup de talent que le meneur arrive directement de High School en NBA à seulement 18 ans. Malgré, déjà, des blessures, il progresse rapidement. Dès sa première saison, il suscite l’enthousiasme des journalistes et des fans. Le journaliste d’ESPN Bill Simmons écrit de lui : « Il voit le jeu comme Magic le faisait. Avec le temps, il pourrait avoir le même impact défensif que Scottie Pippen avait à une époque. Il préfèrerait réussir une belle passe plutôt qu’un shoot ouvert. Il n’y a simplement personne d’autre comme lui dans la ligue. […] Pour les diehard fans des Clippers, Livingston représente autre chose : l’espoir. »

Au fil des matchs, le numéro 14 s’impose de plus en plus comme un meneur d’avenir. Au cours de sa troisième saison, il s’améliore dans toutes les catégories statistiques. Le 23 janvier 2007, il distribue 14 passes décisives. Trois jours plus tard, c’est la blessure. Tous les ligaments de son genou gauche sont touchés, son ménisque a souffert, sa rotule est disloquée, tout comme la jonction entre son tibia et son fémur.

La suite, c’est un long chemin vers l’espoir de pouvoir rejouer de nouveau à haut niveau ou, en plus de sa santé, Livingston n’oublie pas les autres par l’intermédiaire de sa fondation.

Avant le début de la saison 2008-2009, une fois sur ses deux jambes, Livingston n’est pas franchement attendu avec un contrat par toutes les équipes. Testé par quelques staffs, c’est finalement le Heat qui lui donne sa chance… pour 4 matchs à 10 minutes de moyenne. La galère continue. Envoyé à Memphis en janvier, il est coupé immédiatement. Le grand meneur ne se décourage pas. Deux mois plus tard, ça sera la D-League avec les Tulsa 66ers. Sa persistance est récompensée trois semaines après par un contrat de plusieurs années signé avec le Thunder.

Les premiers matchs de Livingston avec Oklahoma City à la fin de la saison sont encourageants. Il tourne à 7,8 points et 2 passes de moyenne et 25 minutes par match avec sa meilleure adresse en carrière. L’ancien Clipper semble destiné à prendre un nouveau départ avec les jeunes du Thunder. Mais au début de cette saison, il se voit de nouveau privé de terrain par une opération du genou après 10 matchs ou il n’apporte quasiment rien. Coupé quelques semaines plus tard, il ne rejouera plus avec Kevin Durant.

La chance de Shaun Livingston, ca sera finalement la malchance des Wizards. Empêtrée dans l’affaire Arenas, la franchise de la capitale signe le toujours jeune meneur pour un contrat de dix jours en février dernier. Il est finalement engagé jusqu’à la fin de la saison.

Au sein d’un effectif faible, décimé et qui ne joue plus pour rien, Livingston tient sa chance. Il la saisit. En 26 rencontres, il est titulaire 18 fois et tourne à 9,2pts et 4,5 passes à 53,5% d’adresse. Avec quelques sorties notables : 21 points / 9 passes contre les Warriors ou 25 points / 7 passes contre les Celtics. Des chiffres pas forcément phénoménaux pour les grands meneurs de la ligue mais considérables au vu du chemin parcouru par le bonhomme qui a même retrouvé le chemin du dunk (n°7).

Le plus important, alors qu’il est en fin de contrat avec Washington, c’est que Shaun Livingston s’est assuré avec cette fin de saison idéale d’avoir un avenir dans la ligue. Avec les Wizards ou ailleurs, il signera forcément avec quelqu’un cet été.

Ce gamin qui n’a toujours que 24 ans ne deviendra probablement jamais le grand meneur que certains attendaient. Mais il réussi un bel exploit : réussir un comeback que beaucoup n’attendaient pas.

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