Les millionnaires capricieux sont innocents

Non classé.Polémiques.Vie de la ligue 10 novembre 2010 | 0 Commentaire

L’été prochain, joueurs et dirigeants de clubs vont devoir se mettre d’accord sur les nouveaux principes de fonctionnement de la ligue. La bataille devrait ressembler à du tirage de cheveux entre ce qui ressemblera pour le public à des patrons cupides d’un coté et à des millionnaires capricieux de l’autre. Parmi les exigences des patrons : un salary cap dur (comprenez impossible à dépasser) des coupes salariales et pourquoi pas des contrats non garantis histoire de pouvoir couper les joueurs à volonté.

Si les dirigeants demandent autant de choses, c’est tout simplement pour avoir de quoi couvrir leur incompétence en cas de problème. Les mêmes GM qui distribuent des contrats plus ridicules les uns que les autres s’en mordront les doigts dans quelques saisons. Et à ce moment là, ils seraient bien heureux d’avoir un joker du genre « contrat non garanti » dans leur poche. En clair : ce que veulent les GM, c’est le beurre et l’argent du beurre. Le droit de faire des erreurs et de pouvoir les effacer.

Des proprios qui enchérissent contre eux-mêmes
Les joueurs en demandent trop. C’est en tout cas ce qu’ont l’air de penser les propriétaires de franchises. Mais qui leur propose autant d’argent, parfois dans des situations où personne d’autre ne proposerait plus ? Les propriétaires et les GM. Mike Conley vient de signer pour 5 ans et 45 millions de dollars. Un montant ridicule pour un titulaire même s’il est décent. Qui lui aurait proposé autant cet été alors que les salaires doivent être revus à la baisse ? Probablement personne. Et de toute façon, à ce prix là, et compte tenu du fait que ce salaire va peut-être empêcher Memphis de re-signer Gasol ou Mayo, autant le laisser partir.

Mais qu’est ce que Mike Conley y peut, lui ? Il a réussi trois bons matchs pour commencer la saison et on lui propose un énorme chèque, pourquoi devrait il dire non ? C’est tout ce qu’il y a de plus logique et de compréhensible. Que feriez vous si votre patron vous proposait une énorme augmentation ? Vous la prenez, non ?

L’excuse de certains GMs, c’est qu’ils doivent surenchérir et donner des contrats exorbitants à des joueurs moyens car c’est le marché qui veut ca. Cette excuse est partiellement bonne. Pour les All-Stars, les prix montent parfois trop. Joe Johnson a illustré le problème l’été dernier. Plusieurs équipes désespérées étaient prêtes à lui donner le maximum. Pour rester compétitif cette saison et ne pas perdre le joueur sans compensation, Atlanta n’a pas eu d’autres choix que de s’aligner, quitte à être obliger de faire signer à son arrière un deal irrationnel qui plombe l’avenir de l’équipe.

Mauvais GM = mauvais contrats = mauvais résultats
C’est pour les joueurs de moindre talent que les GM n’ont pas d’excuse. Les contrats donnés à Amir Johnson, Darko Milicic et donc Mike Conley ne sont le résultat d’aucune compétition. Juste des délires purs et simples de dirigeants qui payent des role players ou des joueurs de complément comme des stars. Ce sont ces contrats là, peut-être plus que ceux des All-Stars, qui sont disproportionnés. Ceux là qui plombent les finances d’une équipe. Comme il n’y a pas de hasard, la plupart du temps, ces dirigeants sont ceux des équipes qui squattent le bas du tableau. A part Orlando qui couvre Rashard Lewis d’or, très peux de prétendants au titre surpayent leurs joueurs. Les grands dirigeants font souvent les grandes équipes.

Les joueurs ne sont pas à blâmer. Ils prennent ce qu’on leur donne. Les négociations du prochain CBA seront un processus compliqué mais ce sont les joueurs qui font la richesse de la ligue et il n’y a pas de raison qu’ils soient tenus responsable des excès de leurs patrons. Pour toucher ces millions, ils n’ont pas braqué leurs dirigeants. Alors s’ils ne sont pas toujours exempts de tout reproche, dans ce cas, ils sont innocents.

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