La lâcheté et le mauvais usage du trash-talking selon Garnett

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Polémiques 4 novembre 2010 | 0 Commentaire

Kevin Garnett est un trash-talker. Ça ne l’empêche pas d’être un lâche. Déjà habitué à s’en prendre aux plus petits que lui, KG a, de l’avis général, dépassé les bornes il y a deux jours en traitant Charlie Villanueva de « cancereux. » Mais le problème, c’est autant l’insulte que la manière. D’abord, clairement, le trash talking ne justifie pas la stupidité ni les insultes. Comme le rappelait Antoine sur Basket USA en avril dernier avec l’exemple de Larry Bird, les meilleurs trash-talkeurs n’ont pas besoin de parler de la mère ou de la maladie de leurs adversaires. Avant un concours à 3pts, Larry Legend avait ainsi annoncé : « Alors, qui va terminer 2eme cette année ? » Mohammed Ali, probablement le plus grand trash-talker de l’histoire du sport, se moquait parfois de l’apparence physique de ses adversaires, mais toujours sur le ton de la rigolade : « J’avais l’habitude d’appeler Joe Frazier « le gorille » mais à coté de Tyson, Joe était une belle femme. »

Le problème de Garnett, en plus de dire des stupidités aussi grandes que lui, c’est qu’il n’assume pas. Jamais. Dans n’importe quelle circonstance. Dans une vidéo relayée par Basket Session il y a plus d’un an, on avait déjà pu constater que le Celtic ne s’en prenait qu’aux joueurs moins costauds que lui et surtout qu’il file en arrière aux premiers signes annonciateurs de bagarre. Jordan et les autres grands trash talkers d’antant mais aussi Kobe et Artest aujourd’hui ne reculent pas lorsque l’adversaire revient à l’assaut. Après « l’affaire Villanueva, » encore une fois, KG fuit ses responsabilités. Plutôt que d’avouer sa bourde et de s’excuser, il a pondu un communiqué du genre explication bancale. La justification : Non, non, on s’est mal compris, ce que je lui ai dit c’est « tu es un cancer pour ton équipe, et pour notre ligue. » Bizarrement ou pas, on a du mal à y croire.

Protégé par les arbitres
Indirectement, l’autre lâcheté de Garnett c’est qu’il sait qu’il peut aller aussi loin qu’il le veut dans le trash talking sans être inquiété. Parce que les règles NBA se resserrent et que la moindre altercation est sanctionnée, il sait que, contrairement à ce qui aurait pu se passer il y à 20 ans, personne ne pourra venir lui en coller une même s’il insulte. C’est précisément pour cette raison que, via Twitter, Villanueva se retrouve obligé de parler de prendre Garnett sur un ring. Quant à savoir si le joueur des Pistons a bien fait de dénoncer les paroles de son adversaire, c’est un autre débat. Nous vivons dans une autre époque que les Jordan, Starks et Miller. Villanueva passe sa vie sur Twitter. Un coup de blues, un tweet lâché à la va vite dans l’énervement et la polémique était lancée.

Protégé en toute circonstance par les arbitres, KG n’a même plus besoin de chercher à être fin dans ses déstabilisations. Et c’est bien dommage. Car pratiqué correctement, le trash-talking peut être un outil de déstabilisation redoutable et un grand fournisseur de phrases amusantes pour les journalistes. La preuve avec quelques morceaux choisis, tous sports confondus.

– Avant de tirer un lancer franc, Michael Jordan regarde le rookie Dikembe Mutombo et lui explique qu’il va rentrer son tir les yeux fermés. « Celui là est pour toi, » lance Jordan avant de fermer les yeux et de réussir. « Bienvenue en NBA, » lance ensuite le numéro 23 au pivot.

– « Il y a deux choses pour Al Harris cette semaine : la mauvaise nouvelle, c’est qu’il va devoir défendre sur moi. La bonne nouvelle c’est qu’il peut gagner 15% en changeant d’assurance auto pour Geico. » Chad Ochocinco, joueur NFL des Cincinnati Bengals. Entre autres frasques, Ochocinco a aussi fait envoyer du déodorant aux défenseurs qui devaient le couvrir afin « qu’ils ne transpirent pas » en le défendant.

– « S’ils peuvent faire de la péniciline avec du pain moisi, ils peuvent sûrement faire quelque chose de toi. » Mohammed Ali.

– Dans le style féroce : « Lennox Lewis, je viens pour toi mec. Mon style est impétueux. Ma défense est imprenable, et je suis féroce. Je veux ton coeur. Je veux manger tes enfants! » Mike Tyson.

– Le jour de noël, les Celtics affrontent les Pacers. Avant le match, Larry Bird explique à Chuck Person qu’il a un petit cadeau pour lui. Pendant le match, alors que Person est sur le banc près de la ligne de fond, Bird vient se planter devant lui et tire à 3 pts. Le numéro 33 lance alors un « Merry fucking christmas » a Person avant que le ballon n’entre dans le cercle.

-« D’abord, avec toutes ces caméras, je cherchais si notre nouveau président (Barack Obama) était là. Je pense qu’on va le rencontrer dans les deux ans à venir de toute façon. » Rex Ryan, coach des New York Jets (NFL) lors la conférence de presse annonçant son arrivée à la tête de l’équipe pour son premier poste de head coach.

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