Le dur cas de conscience du fans des Sonics

(Long) Papiers.Business.Conf ouest.Humeur.Non classé.Old School.Vie de la ligue 16 décembre 2010 | 1 Commentaire

Je culpabilise. Dès que j’entends qu’une franchise NBA est au bord de la délocalisation, je me réjouis immédiatement de la perspective de voir un jour renaitre les Seattle Sonics. C’est plus fort que moi. Ah ! Les souvenirs de Shawn Kemp, Gary Payton et Detlef Schrempf. Plus proche de nous Ray Allen, Robert Swift, Rashard Lewis et même un Kevin Durant alors rookie. Ces superbes uniformes verts et jaunes… Ayant toujours eu un faible pour cette équipe, j’ai été conforté suite au visionnage l’an passé du documentaire « SonicsGate. » Les fans se sont fait voler, cette équipe est pleine d’histoire et il faut que les Sonics reviennent !

Le problème ? Pour que les Sonics reviennent, il faut faire subir à d’autres fans ce que ceux de Seattle ont vécu. C’est ce qui est en train d’arriver à la Nouvelle Orleans. Le propriétaire ne voulant plus de son équipe finit par s’en débarrasser. L’acheteur clame qu’il souhaite de tout cœur garder l’équipe dans sa ville de base. Les autorités annoncent elles aussi qu’elles feront tout pour garder leur équipe. Et puis… l’argent a raison de toutes ces belles paroles. Ça ne va pas être drôle pour les supporters des Hornets.

L’argent avant tout

La NBA ira là ou la profitabilité se trouve et la Louisiane, malgré toute sa bonne volonté politique, n’a pas les finances pour vraiment influer sur la décision. Que fera la ligue si un milliardaire de Seattle comme Steve Ballmer (qui me pousserrait du coup à apprécier Microsoft pour la première fois de ma vie) posait les billets sur la table et payait la modernisation de la Key Arena ? Pour info, Ballmer a récemment revendu pour plus d’un milliard de dollars d’actions histoire de disposer d’un peu de cash s’il lui prend une envie d’achat compulsive. Mais que ce soit Ballmer ou un millionnaire d’une autre ville, il y a fort à parier que la NBA ne dira pas non, surtout vu la situation financière catastrophique dans laquelle se trouve l’équipe.

Le cas du déménagement des Sonics de Seattle à Oklahoma City l’a montré : c’est l’argent qui dicte les choix du business de la ligue, pas les sentiments. Seattle est un gros marché en terme de télévision, le 14e du pays. New Orleans n’est que le 53e. La encore, les dollars risquent de parler. Kansas City a quant à elle l’avantage d’avoir une salle ultra-moderne comme les aime David Stern.

Une salle remplie ou le déménagement

Pour ne rien arranger aux affaires de fans de la Big Easy, les résultats des Hornets sont en chute libre depuis l’annonce de la vente de l’équipe à la NBA et, surtout, la fréquentation de la salle est faible : 13 826 personnes en moyenne sur les 8 premiers matchs à domicile. Ils n’étaient même que 12 443 lors des deux premiers matchs de décembre. Le problème ? Si au 31 janvier la moyenne de la saison n’est pas de 14 365 fans aux rencontres à domicile, les Hornets pourront résilier leur bail avec la New Orleans Arena, ce qui ouvrira en grand les portes d’un déménagement.

Certains fans des Hornets sont très motivés à garder leur équipe. Quelques uns voulaient même la racheter. Ceux là devraient être bien tristes lorsque Chris Paul et ses coéquipiers quitteront définitivement la ville. Et c’est toujours embêtant de rendre d’autres fans tristes pour récupérer son équipe. Malheureusement, c’est la loi de la NBA.

En attendant, moi, j’essaye de me déculpabiliser en me disant qu’il y a moins de tradition basket à la Nouvelle Orléans, que la ville vibre déjà pour les Saints, champions en titre en NFL, et qu’un départ des Hornets serait donc un peu moins douloureux pour les habitants de la ville qu’il ne l’a été pour ceux de Seattle. Ça aide un peu. Parce qu’en attendant, je ne peux pas m’empêcher de rêver à un retour des Sonics en NBA.

Un commentaire sur “Le dur cas de conscience du fans des Sonics”

  1. stillwanderer dit :

    Les Hornets à Seattle, ca n’arrivera pas de sitôt… Dans toute cette histoire, on a tendance à oublier pourquoi les Sonics sont partis: pas de nouvelle salle. Depuis rien n’a changé et il semble que la ville de Seattle ne soit toujours pas disposée à s’offrir une nouvelles Arena.
    Quand à Kansas City, effectivement il y a cette salle flambant neuve qui irait très bien à la NBA. Mais les choses ne sont pas aussi simples:
    1. Kansas City est un marché déja saturé sportivement (NFL, MLB et MLS). A en croire une enquête récente, la ville est même l’un des marchés les plus saturés aux USA après Denver, Cleveland, Pittsburgh et Tampa Bay.
    2. La salle en question, le Sprint Center, est déja l’une des salles les plus rentables des USA. Accueillir une franchise NBA signifie libérer au moins 41 dates à un tarif préférentiel. Pas sûr que les opérateurs de la salle voit ceci d’un très bon œil…

    Si ils ne restent pas à New Orleans et qu’ils ne vont ni à Seattle, ni à Kansas City, mais où pourraient bien aller les Hornets?
    La destination devra répondre à plusieurs critères:
    - Etre à l’ouest afin d’éviter une réorganisation des conférences.
    - Etre un marché TV relativement important.
    - Avoir la capacité économique de soutenir une franchise NBA.
    - Disposer (ou disposer bientôt) d’une salle moderne de capacité NBA.
    - Ne pas avoir d’éléments bloquants à la candidature (Las Vegas, Anaheim).

    Réponse? Une telle configuration n’existe pas.
    Je mets une piécette sur le fait que les Hornets vont être, à terme, liquidés par la NBA…

Laisser un commentaire