Les Celtics façon Bad Boys

(Long) Papiers.Conf est.Humeur.Non classé.Polémiques.Videos 14 février 2011 | 3 Commentaires

Le Heat devait être la grand méchant de la saison. C’est loupé. Les verts et blancs de Boston sont bien les plus accrocheurs, les plus durs et les plus agaçants. Dimanche soir, en réveillant des images du passé, ils ont fait passé le trio floridien pour une bande d’ados encore trops softs. Tant mieux pour le basket !

Troisième quart-temps du match entre les Celtics et le Heat. Pendant un arrêt de jeu, Erik Spoealstra donne des consignes à son équipe. Que fait Rajon Rondo ? Il vient jeter un oeil.

L’attitude du meneur de Boston n’a fait rire ni LeBron James ni Jeff Van Gundy, l’ancien coach aux commentaires sur la vidéo. On peut les comprendre. C’est agaçant, irritant, inapproprié, pas dans l’esprit du sport… Et pourtant, c’est fun pour les fans. A l’heure du contrôle imposé des émotions, il est bon d’avoir des caractères différents, des gentils fauteurs de trouble. Pour certains supporters – et peut-être pour David Stern – les Celtics sont le mal. Ils sont pourtant un mal nécessaire. Car sans eux, la ligue aurait un peu moins de piquant.

Les Celtics sont adorables parce qu’ils sont détestables. Kevin Garnett cumule les idioties et on finit par croire qu’il veut faire oublier par sa bêtise à quel point il est un grand joueur. Rajon Rondo est une agaçante et prétentieuse puce. Paul Pierce ne semble pas être le mec le plus accessible du monde. Le banc ne manque pas non plus de joueurs à tempérament. Mais le point commun de tous ces hommes, c’est qu’il font passer des émotions. Ils ne laissent pas indifférent. Dans un environnement de plus en plus lisse, ils dénotent. Surtout, on sent que cette bande de joueurs ne pense qu’à une chose : gagner. Et s’il est facile de détester tout ces joueurs lorsqu’ils jouent pour l’adversaire, tout le monde voudrait avoir ce genre de gars dans son équipe. C’est pour ca qu’il est si facile de les trouver attachants.

De Detroit à Boston

La comparaison est facile mais cette équipe de Boston a de quoi rappeler les Bad Boys de Detroit. Une bande de vétérans roublards pas effrayés de faire le sale boulot pour le bien collectif. Bill Laimbeer et Isiah Thomas ont trouvé leurs successeurs avec Garnett et Rondo. Même Ray Allen reprend le rôle du nice guy de Joe Dumars. Le point commun, c’est encore ce besoin de victoire à tout prix et au final l’impression d’avoir en face de soi l’équipe la plus concentrée sur le basket de toute la ligue. Au delà de la provoc’, c’est tout pour le jeu.

Doc Rivers ne fait rien pour cacher le côté différent de ses joueurs : « Nos gars sont old-school dans le sens qu’ils n’aiment pas passer du temps avec des gens qui ne sont pas de notre équipe, expliquait le coach au sujet du All-Star Game à venir ou quatre de ces hommes ont été convoqués. Je pense que dans les All-Star Game, les gars baissent un peu leur garde, mais K.G. et Rondo… » Encore une fois, un peu façon Detroit, une mentalité « Nous contre le monde. »

On en revient toujours à ces deux là. Le numéro 5 est l’âme de l’équipe avec ses coups de poings sur le torse, ses hurlements et ses provocations. Le numéro 9 est désormais le plus talentueux du groupe et il accompagne son don d’une hargne qui porte les vétérans dans les moments difficiles. En dehors de sa petite escapade dans le huddle du Heat, Rondo a surtout marqué la rencontre par son énorme détermination qui l’a poussée jusqu’à défendre comme un mort de faim sur LeBron James malgré la différence de gabarit. « Rondo a juste décidé que quelle que soit la personne qui remonte le ballon, il allait le marquer et le harceler. Et je pense que ca a changé le match pour nous« , a expliqué après coup Doc Rivers. A lui seul, Rondo a donné une leçon d’intensité aux joueurs de Miami. Sur le plan collectif, les superstars du Heat se sont fait bousculer et n’ont pas tenu.

Alors si les Celtics sont parfois agaçants dans leur attitude, ils sont aussi admirables pour leur approche du basket. La gagne et l’équipe avant tout. A Boston, on ne parle pas de stars au bord du terrain, de superstars, de joueurs qui se plaignent de leur quota de shoot. On joue au basket. C’est tout.

3 Commentaires sur “Les Celtics façon Bad Boys”

  1. Bmore dit :

    je découvre ce blog avec émerveillement, et je savoure ce texte absolument brillant sur les Celtics (avec les Pistons d’Isiah Thomas en guest, what else?). Quoi dire? je suis passionné par la NBA depuis pas mal de temps maintenant (j’ai 38 au compteur) et je trouve enfin un blog avec des papiers d’une incroyable qualité qui ne parle pas que du dernier dunk de Griffin ou du coup d’épaule de James sur son coach.

    juste merci.

    et aussi, 100% d’accord sur le point de vue de ce texte..

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  1. […] les verts étaient capables de faire la loi sous le cercle et de jouer dur, méchamment (en bien), façon Bad Boys. C’est aussi ca qui leur permettait de rivaliser avec les Lakers. En laissant partir son […]

  2. […] considérables car Miami n’a personne pour le contenir. En février, c’est même sa défense sur LeBron James qui avait donné l’exemple dans une victoire de son […]

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