Playoffs time ! Et si on réduisait la saison régulière ?

(Long) Papiers.Business.Conf est.Conf ouest.Non classé.Polémiques.Propositions à David Stern 14 avril 2011 | 2 Commentaires

Enfin les playoffs ! Les choses sérieuses commencent. Après quasiment six mois de réglages, de matchs intenses et de matchs moins intenses, chaque rencontre va enfin compter. Ça serait bien d’y arriver plus tôt, non ?

Il faut l’avouer, cette saison a eu quelque chose d’exceptionnel. La formation du trio du Heat a rendu les choses intéressante à regarder du côté de South Beach dès le premier jour. Les nombreux autres transferts qui ont eu lieu ont aussi relevé l’intérêt. De même que la confirmation de la renaissance des Bulls. Pourtant, malgré tout ça, la saison régulière, c’est parfois un peu long. Certains jours, on ne sait pas quel match regarder parce qu’aucun n’a vraiment d’enjeu. Au cœur de l’hiver, on est parfois loin de l’intensité qu’on a tant de plaisir à retrouver au printemps.

La saison régulière, c’est « un marathon« , explique Phil Jackson. Du coup – et le Zen Master le sait bien – les équipes gèrent leur énergie de novembre à avril. Surtout les meilleures. Le but ? Éviter les blessures bêtes en fin de saison régulière par exemple. Une des solutions ? Raccourcir la saison.

La rareté fait la valeur

Les fans de basket sont des gens gâtés. La saison NBA est longue et les occasions de voir les meilleurs à l’œuvre nombreuses. Mais l’excitation ne serait-elle pas encore plus grande avec moins de match. Avec des matchs qui, surtout, deviendraient tous plus important. En amputant l’année de 20 à 30 rencontres, et pourquoi pas en descendant jusqu’à une saison ou chaque équipe affronte deux fois les autres, chaque opposition prendrait son importance dans la course aux playoffs. Et l’intérêt serait toujours présent.

Deux façons de faire sont envisageables :
- garder la même durée (novembre à avril) mais espacer d’avantage les matchs pour plus de fraicheur et éviter les équipes rincés en fin de back-to-back.
- réduire la durée effective de la saison régulière pour plus d’intensité concentrée sur une plus courte période.

La NFL est la ligue leader aux Etats-Unis parce que le Foot US est le sport roi. Mais la très courte saison régulière (16 matchs) y est aussi pour quelque chose. Chaque rencontre est capitale dans la course aux playoffs et les fans sont tenus en haleine du premier au dernier match. Cette rareté du produit crée aussi un engouement énorme pendant la courte période ou il est présent. En NBA, le produit rare est devenu les playoffs. Ce sont eux qu’on attend pendant une bonne partie de l’année. Pour la NBA, des rencontres moins nombreuses mais plus intenses permettraient peut-être aussi de voir des salles plus remplies, ce qui est loin d’être toujours le cas. Pour l’ambiance, ca ne serait pas un mal.

Les équipes nationales pourraient aussi profiter d’une NBA moins gourmande en terme de matchs disputés. Les internationaux auraient ainsi plus de temps pour se préparer ensembles aux grandes compétitions FIBA.

Une vieille tradition, un vieux débat

La question de la réduction de la saison n’est pas nouvelle. En 1999, après une année marquée par le lockout, le Sports Buisness Daily remarquait déjà l’enthousiasme pour un exercice qui avait alors eu l’allure d’un sprint. « Je sais que l’année du lockout, lorsqu’on a joué que 50 matchs, j’étais beaucoup plus frais« , expliquait Allen Iverson à USA Today en 2009. Imaginez alors ce que doivent penser les joueurs qui en plus participent aux entrainements.

Le calendrier à 82 matchs a été instauré en 1967. Depuis, le jeu est devenu de plus en plus exigeant pour le corps des joueurs. Alors une petite réduction de travail, ca ne déplairait pas à certains. Même si ca leur coûte quelques dollars. Car une saison réduite aurait aussi deux avantages. « J’ose dire que la qualité des matchs monterait d’un cran« , expliquait Ray Allen sur la question. Brandon Roy aussi serait prêt à sacrifier un peu d’argent « parce que ca pourrait ajouter quelques années à la fin de votre carrière. »

David Stern dit non

Que les puristes se rassurent, on est pas prêts de raccourcir la saison NBA. Pour raison simple : l’argent. Moins de matchs, c’est moins d’argent pour la NBA. Et par les temps qui courent, ca n’est pas franchement à l’ordre du jour. Si une saison plus courte pourrait être une bonne chose sur le plan sportif et pour l’intérêt des fans, ca n’est pas une bonne opération financière pour la ligue et les franchises.

Même du côté des joueurs, certains ne sont pas prêts à laisser échapper quelques billets verts : « S’ils coupent la saison d’un quart, ils couperont les salaires d’un quart. Si c’est le cas, je passe« , annonçait Elton Brand à USA Today. La baisse des salaires, elle devrait intervenir quoi qu’il arrive lors des négociations du prochain CBA. Derek Fisher, le président de l’association des joueurs, a donc déjà expliqué qu’une réduction du nombre de match pourrait être un point de négociation : « Si vous avez constamment des joueurs clés qui manquent des matchs à cause de blessures et de choses qui peuvent être évitées, je pense que c’est un bon point à discuter. » (Très) Peu probable que le meneur des Lakers et les siens aient gain de cause.

Trop longue ou pas, la saison régulière est derrière nous. Maintenant, ne boudons pas notre plaisir. Playoffs time !

2 Commentaires sur “Playoffs time ! Et si on réduisait la saison régulière ?”

  1. Coach sportif dit :

    Merci pour cet excellent article ! bonne continuation.

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  1. [...] un peu mon marronnier du mois d’avril à moi donc je ne vais pas ré-écrire complètement tout ce que j’ai déjà dit l’an passé mais si le lockout a bien eu un effet positif, c’est celui de montrer une nouvelle fois [...]

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