Petro – Ajinca : Les Frenchies attendent leur tour

A Londres.Conf est.Francais.Interview.Non classé 4 mars 2011 | 0 Commentaire

Alexis Ajinca et Johan Petro ont plus en commun que le fait de se trouver à Londres au même moment. Les deux Big men français vivent des situations similaires. Avec les mêmes espoirs et les mêmes challenges.

Ils sont grands, ils sont Tricolores, ils ont du potentiel. Mais il ne jouent presque pas. Johan Petro et Alexis Ajinca partagent quasiment les mêmes stats : 8 à 10 minutes par match pour 3 points, des rebonds et quelques miettes. Ils partagent aussi un discours très similaire. Leur objectif ? « Jouer plus« , lâche directement Petro. « Avoir plus de minutes et prouver aux gens que je suis toujours là et qu’il faut arrêter de critiquer« , annonce Ajinca.

Les critiques, les deux hommes n’y échappent pas dans l’hexagone. Si le pivot des Nets n’a pas envie de polémiquer et explique simplement qu’on ne sait pas ce qu’est la NBA tant qu’on ne l’a pas vécue, son confrère des Raptors ne recule pas sur le sujet : « La plupart des gens qui critiquent – j’ai regardé dans le dernier Basket News – ce sont des gens qui ne sont pas allés en NBA ou alors qui n’ont pas eu la chance que j’ai eu, explique-t-il d’abord dans cette même idée que la NBA est une expérience à part. Peut-être que c’est un peu de la déception qu’ils ont, ils attendent beaucoup de moi, je comprends.  Mais d’un autre coté je n’ai que 22 ans,  les autres gars qui sont passés avant moi ils sont beaucoup plus âgés que moi.  Même s’il sont au même poste, ils ont eu beaucoup plus de temps que moi pour s’adapter. Je prends mon temps, je ne suis pas déçu et je continue à travailler. »

La NBA, une opportunité à ne pas manquer

Lorsqu’on leur parle de ceux qui auraient voulu les voir rester plus longtemps en France, les réponses se font écho. « Si on se rappelle de la situation dans laquelle j’étais en France, je ne jouais pas non plus. J’ai joué ma première année avec Didier (ndlr : Gadou) et la deuxième je ne jouais plus« , rappelle un Petro qui présente quand même un retour au pays comme une éventualité en cas de lockout. Une situation presque identique à celle décrite par Ajinca : « A ce moment là je ne jouais pas du tout en France. Même si Alain Weis disait qu’il me donnait des chances de jouer, il ne m’a jamais vraiment donné de chance à part la semaine des As. »

La NBA s’est alors présentée comme une opportunité à ne pas manquer. Et comment leur en vouloir ? Vous diriez non à la NBA ? Honnêtement ? Non. « Je ne vois pas ou est le problème. Si tu es choisi, tu es choisi. Tu ne va  pas dire « Bon, je sais pas, je vais peut-être rester encore un peu » et puis griller tes chances« , justifie l’immense Raptor. Jouer pour la plus grande ligue du monde, c’est un privilège rare donné à peu de basketteurs. Johan Petro le sait : « Etre en NBA c’est quelque chose. C’est une sélection. Il y a combien de joueurs, 350 ? 450 ? (ndlr : près de 450) Dans le monde entier. Donc ca veut quand meme dire quelque chose. Que tu joue ou que tu ne joue pas. » Attention, « ça n’est pas un aboutissement« , précise quand même le joueur de 25 ans.

« Espérer que ça passe un jour »

Dans l’ombre de Brook Lopez ou Andrea Bargnani, les frenchies attendent leur heure. Une situation pas toujours facile. La frustration, il y en a parfois pour les deux hommes : « L’objectif c’est quand même de jouer et de montrer ce que tu sais faire. C’est un peu la nature de la ligue. C’est un peu de montrer ton talent. Quand tu n’as pas l’occasion de le faire c’est clair que c’est frustrant« , confirme le Nets. « Il y a des moments ou ça n’est pas facile et ou j’aimerais avoir un peu plus de temps de jeu, admet aussi Ajinca. La solution ? Je ne baisse pas la tête, je continue à travailler. »

Encore une fois, les réponses des deux joueurs se font presque parfaitement écho lorsque Petro explique également qu’il faut « continuer à travailler, en espérant que ca passe un jour ou l’autre. » Ils attendent la bonne opportunité, la confiance d’un coach qui les fera décoller. Pour le numéro 27, « c’est juste une question d’opportunité dans la ligue. Une fois qu’on te donne ta chance, tu as le temps de montrer et de prouver ce que tu sais faire. Après ça passe. Tous les joueurs qui sont ici peuvent jouer. Donc c’est juste une question d’opportunité. »

En attendant leur tour, les deux bleus travaillent. « Le potentiel est là« , explique le coach de Toronto Jay Triano au sujet de son joueur, un élément dont il loue la combinaison de taille et de qualités athlétiques. « Il y a beaucoup de coachs qui me disent que maintenant je peux jouer en NBA et que j’ai fait beaucoup de progrès et qu’il faut que je continue à travailler et que ca va marcher« , confirme l’intéressé. Dans le New Jersey, Petro assure aussi qu’il progresse. En attendant les résultats et le temps de jeu, les Français peuvent s’appuyer sur la solidarité nationale. « On s’entend très bien, surtout avec Johan, confirme Alexis Ajinca quand on lui demande s’il y a  des liens entre les Big men français. On se soutient.« 

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