Pendant ce temps là, chez Stephon Marbury…

Ailleurs qu'en NBA.Non classé 21 avril 2011 | 0 Commentaire

Alors que les playoffs sont (bien) lancés aux Etats-Unis, à l’autre bout du monde, en Chine, la Chinese Basketball Association est en pleines finales. En CBA depuis 2 ans, Stephon Marbury ne participe pas à la course pour le titre. Il n’a même pas disputé les playoffs. Un échec sportif ? Peut-être. Mais est-ce que le basket est vraiment l’essentiel dans le voyage de Starbury dans la république populaire ? Non.

L’histoire de Stephon Marbury ces dernières années est assez rocambolesque. De ses déboires avec les Knicks à son exil en Chine en passant par son explosion en plein vol devant une webcam, l’ex All-Star a eu une trajectoire que l’on qualifiera d’atypique. Et maintenant ? A quoi ressemble la vie de Stephon Marbury ? C’est la question à laquelle GQ répond en partie avec un excellent papier qui nous emmène sur les traces de la star juste avant le début de sa deuxième saison en Chine.

Pour tenter de cerner un peu le quotidien et l’état d’esprit du numéro 3, GQ avait bien besoin de 5 pages. Car l’univers de Marbury semble complexe. Au long des paragraphes, on se demande en permanence si le joueur est vraiment conscient des choses qui se passent autour de lui ou s’il est dans son monde. Conscient, il a l’air de l’être quand il parle des années qui viennent de passer et de tout ce qui l’a blessé, de tous ces gens qui se sont moqués de lui et de ses mésaventures. Mégalo et déconnecté, il a l’air de l’être lorsqu’il parle de Starbury Corp, son entreprise, qu’il veut utiliser pour vendre des chaussures mais aussi pour investir dans la construction ou les carwash mobiles. Même si rien n’est impossible – surtout quand on a de l’argent – il est parfois difficile de discerner la part de fantasme dans ses rêves d’entrepreneur.

Toujours plus étonnant, Marbury veut même créer sa ville en Caroline du Sud. Les habitants seraient « tous les membres de ma famille. Ils auraient leur propre business, des compagnies qui se nourriraient de ma compagnie. […] Je prendrais les gens de la ou je viens à Coney Island et leur dirait de laisser tout ce qu’ils ont dans leur maison et d’emménager dans de nouvelles maisons. On ferait signer tous les gens pour qu’ils soient des employés de Starbury avant qu’ils emménagent. C’est la vision de ce que je veux faire si ce truc tourne vraiment dans le sens que je pense que ca va tourner si nous continuons sur cette route. »

Plus business que basket

Starbury Corp, c’est le leitmotiv de Marbury. Le basket n’est plus une priorité. Plutôt un prétexte. Si l’ancien Knick a accepté de venir jouer en Chine, c’est plus parce que le propriétaire de sa première équipe lui a promis d’investir 2,2 millions de dollars et de l’aider a s’implanter que pour le challenge sportif et les 60 000 dollars mensuels de salaire.

Tout au long du reportage de Wells Tower, on remarque d’ailleurs que l’entrainement est quasiment absent du rythme de vie du meneur de jeu. Pendant que ses coéquipiers s’entrainent comme des damnés, lui alterne ses journées entre fast-food et soins au spa. Lorsque son boss l’interroge sur son niveau de préparation, il répond que l’important est qu’il soit prêt lors du coup d’envoi du premier match. Pas étonnant alors que les Dragons se débarrassent de lui juste avant la saison.

Recruté par l’équipe de Foshan, Marbury a sauvé la mise. Mais il a du liquider son projet immobilier pour compenser la perte de l’apport de son ancien boss. Le buisiness dans la chaussure, lui, commence. Mais de la a rapporter assez pour réaliser tous les rêves de la star, peut-être pas.

Un véritable film

Dans le reportage de GQ, la vie de Stephon Marbury est un véritable film. L’auteur réussit d’abord a créer de la ville de Taiyuan un décor grisâtre de film de gangster. Une ambiance confirmée par un épisode réellement digne du ciné ou Marbury, M. Wong (un des puissants sponsors du club) et quelques autres se retrouvent dans un bar ambiance néons entourés d’escort girls. Avant d’arriver au bar, Starbury et le journaliste ont voyagé à toute vitesse, girofar sur le toit, a bord de la voiture de « Brother Wong », un ami du parti au pouvoir, ce qui offre visiblement quelques privilèges sur la route.

Si le reportage a des allures de film, c’est aussi parce que Marbury est une sorte de anti-héro assez attachant. Après quelques jours, le rédacteur explique d’ailleurs ressentir de l’empathie pour le sujet de son reportage. Car même s’il est mégalo, le joueur a ses faiblesses. Certaines scènes sont touchantes. Lorsqu’il apprend qu’il a été débarqué par sa première équipe, Marbury appelle sa femme mais ne lui annonce pas la mauvaise nouvelle. Alors que leur fils de 6 ans est malade et qu’elle est fatiguée, lui ne veut pas lui ajouter un soucis. Il a eu raison puisqu’il a rebondit quelques jours plus tard dans un autre équipe. La folle vie de Stephon Marbury continue…

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