C’était il y a un an : The Decision

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Polémiques.Videos 8 juillet 2011 | 1 Commentaire

La saison 2010-2011 a été exceptionnelle de bien des manières. Notamment parce qu’elle a commencé dès le mois de juillet. Le 8 exactement. Ce jour-là, LeBron James a choisi Miami et donné dans la polémique le coup d’envoi d’une saison où lui et sa nouvelle équipe se sont trouvés dans l’oeil du cyclone.

« Dur d’imaginer que James va prendre le temps de venir sur une télé nationale comme ESPN pour annoncer aux fans des Cavs’ qu’il quitte le navire. S’il faisait ça, son image pourrait en prendre un sale coup. » Voilà ce que j’avais écrit le 8 juillet 2010, quelques heures avant The Decision. La suite, on la connait.

LeBron James a décidé « d’emmener ses talents à South Beach » et a brisé le cœur des fans de son Ohio natal. Maillots brulés et propriétaire amer avaient conclus cet évènement quasi-surréaliste auquel ont assisté des millions de téléspectateurs.

Le choix sportif de James n’est pas vraiment attaquable. Comme il l’explique d’ailleurs lui-même dans l’extrait vidéo, il a choisi Miami car il pensait que c’était là bas qu’il avait le plus de chances de gagner. Oui, il y à la plage mais il y avait surtout cette chance incroyable et jamais vue de rejoindre deux autres franchises player pour tenter de créer une dynastie. Le problème de la décision de James, c’est la mise en scène.

Le bal des mégalos

Un an après The Decision, le voile se lève petit à petit sur les coulisses de l’émission. Dans un bouquin intitulé These guys have all the fun consacré à l’histoire d’ESPN et dans un tout récent article de Sports Illustrated, on découvre que James n’était qu’un égo parmi d’autres. Son entourage et quelques autres se sont chargés bien avant lui de créer cette catastrophe.

L’idée de l’émission est née lors du match des Finals 2010 lorsque Jim Gray (ESPN) et Maverick Carter (le bras droit de James) ont commencé à discuter d’une interview de LeBron qui s’est vite transformée en projet de show télé. Au fil des jours, le projet a pris forme. Mark Dowley, un employé de haut rang d’une agence d’artistes, s’est occupé de la logistique, a trouvé l’endroit, planifié les trajets en avion et hébergé la star. Une aventure qu’il raconte avec le bonheur de celui qui a vécu une mission secrète capitale. « J’avais le monde entier qui regardait et je ne voulais personne qui sache où on allait tourner avant la dernière minute possible. » Beaucoup des hommes à l’origine de The Decision étaient là pour leur gloriole personnelle.

LeBron James n’est pas totalement innocent pour autant. Sans son accord, rien n’aurait eu lieu. « J’ai appelé Maverick et il a adoré l’idée, explique Dowley. Il a parlé à LeBron et ce dernier a adoré l’idée. Et ensuite en 10 jours on a mis ça en place. » Et s’il restait un doute : « Personne ne profite de LeBron James », assure Dowley. James aurait pu être un homme responsable et dire que sa décision ne regardait que lui et sa future équipe. Que la signature d’un contrat n’est pas un spectacle. Qu’il trouverait facilement un autre moyen de lever des fonds pour une œuvre de charité. Mais le King autoproclamé n’a jamais jamais été vraiment poussé à être un adulte responsable. Du coup, il a choisi de faire de sa décision un spectacle. Ironie du sort, c’est Dan Gilbert, le patron qui lui a toujours tout cédé, qui a été sa principale victime.

Si The Decision a été aussi mal reçue, c’est aussi parce que l’émission arrivait dans un contexte particulier. Depuis des années, les fans NBA entendaient parler de l’été 2010. Un mois de juillet ou plusieurs des meilleurs joueurs de la ligue seraient dispos. Plusieurs jours de folie annoncés. Et puis finalement, l’attente. Des jours de tergiversation et de spéculations. Des dirigeants de clubs qui ont défilé les uns après les autres devant LeBron et ses potes pour essayer de les impressionner. Et encore l’attente. Un cirque qui finissait par devenir fatiguant dont l’émission est devenu la triste apothéose. Cette soirée a eu pour effet de tout de suite planter le décor de la saison à venir avec James et le Heat dans le rôle des méchants.

Quelques gagnants quand même

James a perdu de son capital sympathie et Cleveland a perdu sa star mais tout le monde n’est pas reparti battu de The Decision. Même si le fait de faire don de l’argent de la pub n’était qu’un alibi en or pour les riches protagonistes de cette farce, des enfants ont bel et bien profité de ces billets verts. Les 3,5 à 4 millions récoltés par le programme ont été répartis à part égales entre les Boys and girls clubs des villes qui espéraient attirer LeBron, plus celui de Greenwich, la ville où a été tournée l’émission.

« Notre club a reçu un (chèque) cadeau à 6 chiffres, 30 ordinateurs Hewlett Packard et tout un tas d’équipement Nike, explique Bob DeAngelo, le directeur du Boys&Girls club de Greenwich. On a totalement remodelé notre gymnase et acheté un mur d’escalade. C’était vraiment quelque chose de positif pour nous. » Il y aura au moins eu quelque chose de positif dans The Decision. Tant mieux que cela ait pu profiter à des enfants.

Un commentaire sur “C’était il y a un an : The Decision”

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  1. […] beaucoup d’ennemis. Pour le Heat, pas vraiment besoin d’en remettre une couche sur The Decision et l’attitude tendue de LeBron et ses coéquipiers l’an […]

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