David Stern ruine la rentrée de la NBA

Conf ouest.Non classé.Transferts.Vie de la ligue 9 décembre 2011 | 5 Commentaires

Mais qu’est ce qui a bien pu passer par la tête de David Stern ? Le boss de la ligue a annulé le trade qui a envoyé Chris Paul à Los Angeles et a complètement ruiné la rentrée de la ligue.

« Wow. » En trois lettres, sur Twitter, Chris Paul est celui qui a le mieux résumé la journée qui vient de s’écouler en NBA. Ça tombe bien, il est au centre de la nouvelle crise que connaît la ligue. Dans la nuit, on a basculé dans la quatrième dimension.

Reprenons les choses depuis le début : le 8 décembre était censé être un jour de fête. Celui ou tout le monde signait le nouveau CBA et ou les premiers transferts étaient annoncés. En gros, on oubliait les soucis de l’été. Mais David Stern n’a pas voulu que tout se passe bien.

La décision de Stern d’annuler le trade de Chris Paul n’a pas de sens. Ni sur le plan de la com’ ni sur celui du basket. Les Hornets n’avaient pas d’autre choix que de transférer Paul. En récupérant Odom, Martin, Scola et un choix haut placé dans la Draft, ils s’en sortaient très bien. Lors de la reprise de la franchise par la ligue, Stern avait promis de ne pas intervenir sur les décisions basket. Mais voilà, les proprios des désormais incontournables petits marchés ont grogné. « Encore une star qui part dans une grande ville, bouhouhou, et à quoi à servit le lockout, bouhouhou… » Trade annulé.

Une décision tout sauf basket
Officiellement, Stern a annulé le trade pour des « Basketball reasons. » Pour préserver l’équilibre des forces entre les gros et les petits. Le commissionner a-t-il vu les dernières Finals ? Je me rappelle pourtant l’avoir vu remettre le trophée aux Mavs et pas au Heat. Les stars font vendre ? Oui. Gagner ? Pas toujours. Miami a perdu contre une équipe complète de Dallas comme les Lakers de 2004 ont perdu contre une équipe de Detroit.

Construire une équipe avec trois stars est un modèle, une conception qui n’est pas forcément la meilleure. Pas à tout les coups en tout cas. C’est la beauté du sport. Dans les faits, personne n’est sûr que les Lakers y gagnaient dans l’échange. Pas tant qu’ils n’avaient pas fait d’autres trades pour décrocher Dwight Howard ou au moins renforcer leur raquette. Le seul problème était que Paul avait ce qu’il voulait et partait vers une grande ville. « Il n’allait pas laisser Chris Paul dicter là ou il allait aller« , a expliqué de Stern une source d’Adrian Wojnarowski (Yahoo!).

David Stern doit partir
L’esprit de businessman de David Stern a aidé la NBA à tirer profit du talent de Michael Jordan et à développer encore sa puissance médiatique. Mais le temps est venu de passer la main. Après le fiasco des négociations du lockout, le vol des Sonics à Seattle, le fait de laisser une équipe à un raciste condamné (Donald Sterling) et un manque de respect généralisé de joueurs qui doivent le détester de plus en plus, cette dernière affaire est la goute d’eau qui fait déborder le vase. Le patron a « l’ivresse du pouvoir » selon Yahoo! Il est temps pour l’empereur d’être destitué.

Même si son email serait arrivé après l’annulation du trade, Dan Gilbert a aussi eu un rôle magnifique dans cette journée. Dans son email, il montre à quel point il n’est que jalousie pour les Lakers. Jamais il ne parle du sort des Hornets. Pire, il pense comme un fan, pas comme un responsable de franchise. «  Et il n’apparaît pas qu’ils devrait abandonner des choix de draft, ce qui pourrait leur permettre plus tard de faire un trade pour Dwight Howard », explique le patron des Cavs. On ne parlait pas du transfert de Chris Paul ? Les Lakers n’ont ils pas le droit de mener la tactique qu’ils souhaitent ?

Le plus drôle dans toute cette histoire est que l’homme qui écrivait il y à un an qu’il gagnerait un titre avant LeBron James vient peut-être de rendre un énorme service au King de South Beach.

La NBA doit affronter la réalité
Cette embrouille monumentale a été érigée pour le bien d’une supposée équité. Dans le monde merveilleux de David Stern, toutes les équipes devraient avoir la même chance de gagner le titre. C’est beau, mais c’est impossible. Il y aura toujours des villes plus grandes, des climats plus chauds, des dirigeants plus intelligents et des franchises au passé plus glorieux qui auront plus d’attrait pour les agents libres. Et dans agent libre, il y a « libre. »

Les joueurs ne sont pas des objets à la disposition de leurs patrons. Comme je l’ai déjà dit, ils ont, comme vous et moi, le droit de faire les choix de carrière qui leurs semblent les meilleurs pour eux tant qu’ils respectent les règles. C’est ce que Chris Paul à fait. C’est ce que David Stern n’a pas fait.

Stern et la ligue doivent affronter la réalité. Il est plus dur pour les petits marchés de gagner. Ils doivent mieux drafter, mieux gérer et avoir un peu de chance. Mais ça n’est pas impossible. San Antonio l’a fait. Oklahoma City s’y met.

Et maintenant ?
Dans cette histoire, David Stern n’a toujours pas expliqué s’il a pris sa décision en tant que commissionner ou en tant que patron des Hornets. Dans les deux cas, il a tort. Si l’a fait en tant que dirigeant de la franchise de la Nouvelle Orléans, c’est carrément ridicule. Que doit faire l’équipe maintenant ? Regarder Paul partir sans compensation pendant l’été ? L’envoyer contre les clopinettes dans une équipe ou il ne souhaitera pas rester ? La décision de Stern est absurde parce qu’elle pénalise l’équipe que la ligue est censée protéger.

Les Lakers et les Rockets aussi son pénalisés. Ils se retrouvent avec des joueurs tristes qui ne se sentent plus désirés. Les media day de rentrée vont être tendus. Avec une seule pierre, Stern a blessé trois franchises et les fans. Car, surtout après le lockout, ce genre d’histoire est à vous dégouter de la NBA. En clair, c’est le grand n’importe quoi.

Dans l’état actuel des choses, difficile de prédire la suite. Les Lakers ont de quoi se sentir lésés. Leur plan pour récupérer CP3 et D12 semblait bien lancé. Pour le premier, c’est le coup d’arrêt. Le second veut maintenant aller dans le New Jersey.

Chris Paul boude. Il a raison. Il pense intenter un procès à la ligue. Il a raison. Beaucoup de joueurs le soutiennent. Ils se sentent insultés. Certains parlent de ne pas se présenter au camp d’entrainement en guise de solidarité. Sur Twitter, on leur suggère de faire la grève. Pourquoi pas ? Les patrons ont fait grêve pour récupérer plus d’argent. Les joueurs pourraient faire grève pour avoir la peau de Stern.

Ça n’est pas de la faute de Chris Paul si la NBA est plongée dans le n’importe quoi le jour de sa rentrée. C’est celle de David Stern. A lui d’assumer. S’il sait admettre ses erreurs, il autorisera rapidement ce trade et relancera la machine. Malheureusement, c’est rarement ce que font les gens souffrant « d’ivresse du pouvoir. » Il va plus sûrement essayer de faire avaler une nouvelle couleuvre aux joueurs. Celle de trop ?

Et dire que cela devait être un jour de fête…

5 Commentaires sur “David Stern ruine la rentrée de la NBA”

Trackbacks/Pingbacks

  1. […] Ne revenons pas sur le processus déplorable qui a mené à cette issue, qui a salit la NBA et qui devrait à mon avis être une raison suffisante pour pousser David Stern et ses copains dehor…. Concentrons nous sur l’aspect basketballistique de la […]

  2. […] Le dictateur qui a perdu la boule: David Stern Cette fois c’est clair, on a perdu David Stern. […]

  3. […] des situations les plus anormales de l’histoire de la ligue ayant débouché sur un des trades manqués les plus polémiques de l’histoire de la ligue a enfin pris fin: les New Orleans Hornets ont un propriétaire […]

  4. […] l’affaire pour arranger le business qu’il dirige ? Probablement pas. Mais sa volonté de choisir la destination de Chris Paul et sa main mise générale sur la ligue (dont sa dernière lubie de ne plus envoyer de joueurs de […]

  5. […] qui avait jusque là promis qu’il laisserait les dirigeants bosser, met son véto au trade. Tollé général. Paul est furieux. Les Lakers sont furieux. Des dirigeants et joueurs de la ligue sont […]

Laisser un commentaire