Mais ou sont passées vos c……. ?

(Long) Papiers.Humeur.Videos 4 janvier 2012 | 1 Commentaire

Grâce aux Three Amigos, nous sommes parait-il entrés dans l’ère des Super-Team. Efficace mais pas spécialement romantique en terme d’histoire ou de courage.

Il y à quelques années, Bill Simmons expliquait que NBA signifiait « No Balls Association, » littéralement « l’association des sans couilles. » Le journaliste faisait alors référence aux dirigeants des équipes qui n’avaient selon lui pas le cran de tenter des choses sur le marché des transferts. Aujourd’hui le terme de Simmons s’applique plutôt aux joueurs. Dernier exemple en date : Dwight Howard. Le pivot du Magic n’aurait plus envie d’aller à Los Angeles parce qu’il ne veut pas marcher dans les pas de Shaquille O’Neal et qu’il préfèrerait jouer avec Deron Williams à Brooklyn. Pardon ? Pas envie de marcher dans les pas des légendes ? Depuis quand l’aura des Lakers fait FUIR les joueurs ?

En un sens, on peut dire que Howard veut aller écrire l’histoire en redonnant vie aux Nets quand il s’implanteront à New York. Mais de l’autre, on peut franchement être déçu de le voir prendre peur devant le challenge de prendre le relais dans une des deux plus grandes franchises de la ligue. Un joueur de son talent ne devrait pas plutôt avoir envie de relever le défi ? No balls.

De la même manière, si on avait reproché à LeBron sa décision, c’est aussi parce qu’en partant à Miami, il refusait deux challenges. Celui d’offrir leur premier titre aux Cavs ou celui de ramener les Knicks au top. Soulever le trophée avec ces équipes aurait sûrement eu une autre saveur. No balls.

La fin du romantisme ?
Après le règne des Lakers et des Celtics, un certain romantisme s’était installé dans la ligue. Chaque équipe avait son franchise player et les stars ne bougeaient pas pendant le pic de leur carrière. Les Bulls avaient Jordan, les Rockets Olajuwon, Ewing à New York… Chacun se battait pour son maillot et tentant de renverser les autres dans des combats qui devenaient des classiques. Symbole de cet état d’esprit : Reggie Miller. Gamin de Californie débarqué dans l’Indiana rural au cours d’une Draft ou les fans lui auraient préféré un autre, la brindille n’a rien lâché. Pendant des années, il a mené le combat avec l’équipe de son état d’adoption, notamment contre Gotham et les Bulls. Cela avait quelque chose de beau. Reggie en avait dans le pantalon. Il l’avait d’ailleurs clairement signifié à Spike Lee.

Reggie Miller n’a jamais gagné mais il y avait un certain héroïsme dans l’acharnement dont lui et d’autres joueurs comme Patrick Ewing ont fait preuve. Ironiquement, Miller et Ewing se sont retrouvés sans titre parce qu’ils n’ont pas eu peur de se retrouver sans titre. Ils n’ont pas abdiqué et choisit le confort d’une alliance à plusieurs pour s’assurer d’une ou deux bagues. Ils sont tombés avec les honneurs.

Ces vétérans sont ceux qui ont allumé LeBron lors de sa décision. Peut-être parce que ça leur à fait mal de voir une page de la NBA se tourner.

Durant et Rose porte-drapeaux de la résistance
La NBA n’est tout de même pas encore peuplée que de stars peureuses qui veulent se cacher dans des grosses équipes. Numéro 1 et le plus titré : Kobe Bryant. On peut reprocher beaucoup de choses à Kobe (mais tu va le passer ce ballon ?!!) mais le manque de courage face à l’histoire n’en fait pas partie. Le Black Mamba ne recule pas devant les défis. Il joue chez les Lakers avec l’ambition de faire mieux que les légendes de la franchise. Bien-sûr il a eu le Shaq ? Mais le Shaq aussi voulait faire partie de la légende Lakers en arrivant lorsque Kobe n’était encore qu’un ado. Et Kobe voulait tellement la franchise pour lui qu’il a poussé le pivot dehors.

Lorsqu’il a demandé un transfert en 2007, c’est à Chicago que Kobe voulait aller. Porter le maillot de celui qu’il a admiré et copié ne lui faisait pas peur. Kobe est devenu une légende parce qu’il n’avait pas peur de marcher dans leurs pas.

Du côté des jeunes, il y en a d’autres qui veulent marquer l’histoire. Pendant que LeBron montait la décision, Kevin Durant a annoncé sa prolongation de contrat sur Twitter. Drafté par le Thunder(/Sonics), c’est là qu’il compte ramener des titres. Avec ses longs bras, son shoot et son statut de star dans un petite ville qui n’est pas la sienne, Durant est peut-être le nouveau Reggie.

Il y à quelques jours, Derrick Rose a aussi prolongé dans sa ville natale. Depuis deux ans, le MVP en titre s’est aussi illustré en n’allant jamais à la chasse aux free agents stars et en se concentrant sur son jeu. Il fait confiance à ses dirigeants et à son talent pour mener son équipe le plus loin possible.

Dans les années à venir, ces deux joueurs seront les meneurs de la résistance aux Super-Teams. Ou au moins à LA Super-Team de Miami puisque le véto de David Stern à l’envoi de Chris Paul aux Lakers et le nouveau CBA ont probablement mis une fin précoce à l’ère des regroupements de stars.

Finalement, le romantisme et le courage ne sont pas morts. Le combat que vont livrer toutes les équipes à l’ogre Miami pendant plusieurs années va même lui donner une nouvelle dimension.


En aparté : Au sujet de Reggie Miller, je vous conseille l’excellent documentaire « Winning Time – Reggie Miller vs The New York Knicks’ de la série ESPN 30 for 30. Un bijou.

Un commentaire sur “Mais ou sont passées vos c……. ?”

  1. melo4ever dit :

    Tres bon papier!! Toutefois, les dirigeants des Bulls n’ont rien avoir avec ceux des CAVS. Avoir Noah et Deng, ce n’est pas avoir Delonte West et Big Z.

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