L’énigme Joe Dumars

(Long) Papiers.Conf est.Non classé 21 février 2012 | 0 Commentaire

Que penser du bilan de Joe Dumars à la direction des Pistons ? L’ancien Bad Boy a réussi des coups aussi géniaux que ses erreurs ont été énormes. Aujourd’hui, son équipe est toujours dans les profondeurs du classement. Mais elle a aussi des motifs d’espoir. Des contradictions qui font du bilan du dirigeant une véritable énigme.

Au début du mois, les Pistons avaient perdu 20 de leurs 24 matchs. Quelques jours plus tard, un sondage de MLive.com annonce que plus de la moitié des fans des Pistons pensent que c’est la faut du manager général Joe Dumars.

Les trois semaines suivantes, les bleus signent une série de 7 succès en 9 rencontres. Là aussi, on pourrait dire que c’est la faute de Joe Dumars.

Cette saison est un condensé du règne de l’ancien gentil des Bad Boys. Des erreurs qui font mal et des gros coups qui payent.

Les Bad Boys II tombés trop vite ?
La gloire de Dumars, c’est le titre de 2004 remporté avec une équipe construite autour de valeurs de travail et de dureté. Chauncey Billups signé comme agent libre après avoir beaucoup voyagé, Ben Wallace récupéré dans le départ de Grant Hill et Rip Hamilton échangé contre Jerry Stackhouse. Ajoutez le fou génial Rasheed Wallace, la trouvaille Tyshaun Prince et la recette a pris. Même si la chance est entrée en jeu (qui savait que Wallace deviendrait Big Ben ?), la constitution de cette équipe et ses résultats ont donné la sécurité de l’emploi à Dumars.

Le titre de 2004 a aussi permis de faire un peu oublier l’erreur colossale de la Draft 2003. Les Pistons ont alors le second choix. Le récent champion universitaire Carmelo Anthony et Dwyane Wade sont encore disponibles. Dumars sélectionne Darko Milicic. La suite pour ces joueurs, pas besoin de la raconter…

C’est à la fin de la période dorée de la bande à Billups que le teste commence vraiment pour le dirigeant. Précisément en novembre 2008 lorsqu’il décide d’envoyer son meneur à Denver en échange d’Allen Iverson. Ces Pistons là n’auront pas droit à un baroud d’honneur. Dommage. Il y avait peut-être de la place puisque les Celtics ne disposaient pas d’un Garnett à 100% cette année là. Le choix de démarrer la reconstruction peut se défendre. Celui de la commencer en récupérant un croqueur de 33 ans un peu moins.

Une reconstruction réussie mais…
La saison 2008/2009 est marquée par l’échec de l’expérience Iverson et le début de la désintégration de l’équipe. C’est décidé, on reconstruit. Mais dès le premier inter-saison de sa reconstruction, Dumars commet une erreur qui plombe encore l’équipe aujourd’hui et la plombera jusqu’à l’an prochain : il donne plus de 10 millions par an à Ben Gordon et 7 à Charlie Villanueva. Gordon est utile mais à un prix inférieur. Villanueva n’a rien fait pour Detroit. Des deals qui étaient incompréhensibles dès le joueurs ou ils ont été signés et dont personne ne veut maintenant.

S’il n’a plus la main pour les trades, Dumars se rattrape sur la Draft ou il récupère Greg Monroe et Brandon Knight, deux bonnes pièces pour relancer doucement l’avenir de l’équipe. Le pivot est d’ailleurs un des moteurs des bons résultats récents de son équipe.

Le problème, c’est que le manager continue d’alterner le bon et l’incompréhensible. Quatre ans et 27 millions pour Tayshaun Prince à la fin du lockout ? Encore surpayé. La prolongation de Rodney Stuckey (3 ans et 25 millions) est plus raisonnable sur les qualités du joueur mais quel intérêt lorsqu’on vient de drafter Brandon Knight, un autre meneur ?

L’exemple « jeune » du Thunder
Pourquoi ne pas tout miser sur les deux jeunes prometteurs que sont Monroe et Knight, quitte à squatter encore le fond du classement et se renforcer encore lors de la prochaine Draft avec un très haut choix ?

C’est la carte jeune qu’avait joué les dirigeants de Seattle puis Oklahoma City. Avec un Kevin Durant dans sa deuxième année et un Russell Westbrook rookie, le Thunder n’a gagné que 23 matchs en 2008-09. James Harden est venu s’ajouter à l’effectif l’été suivant. L’expérience commune et l’ajout de talent ont finit par porter cette équipe très haut.

Joe Dumars serait donc bien inspiré de trouver preneur pour Rodney Stuckey (ou Knight si sa confiance va à Stuckey), un des rares joueurs de son effectif qui a de la valeur en dehors des deux jeunes. Il pourrait essayer de récupérer d’autres choix de Draft ou des vétérans solides et pas chers pour encadrer ses talents prometteurs. Ensuite, il faudra continuer d’essayer de bien entourer Monroe et Knight, avec pourquoi pas un ou deux autres talents en devenir.

Le Thunder s’est construit par la Draft et c’est certainement l’exemple que devra suivre Detroit. « Les gros free agents NBA ne considèrent pas Detroit comme une option. Ils ne l’ont jamais fait. Ils le feront jamais« , explique Drew Sharp du Detroit Free Press. C’est vrai. La Motor City ne fait malheureusement pas rêver malgré le glorieux passé de la franchise, ses fans ultra bruyants et ses vestiaires luxueux.

Dernière chance
Les erreurs commises par Joe Dumars sont gênantes mais pas rédhibitoires. Il a mis en place une fondation prometteuse. A lui maintenant de construire quelque chose de réussit par dessus.

Ce sera probablement sa dernière chance. S’il se manque et que les Pistons n’ont pas retrouvé les playoffs dans trois ans, alors peut-être qu’on pensera plus souvent que la constitution de l’équipe de 2004 devait autant à la chance qu’au talent du dirigeant. Surtout, le manager général y laissera probablement sa place.

Quoi qu’il arrive, les deux ou trois saison à venir seront décisives. Elles devraient donner un début de réponse plus précis à l’énigme du dirigeant Joe Dumars.

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