2 > 3 ?

Conf est.Débats.Non classé 23 janvier 2012 | 2 Commentaires

6 victoires – 1 défaites. C’est le bilan du Heat de Miami depuis que Dwyane Wade est écarté des terrains. Significatif pour l’équipe ? Un peu. Significatif pour la ligue ? Beaucoup. Et si l’ère des regroupements de stars approchait déjà de son terme ?

Non, le Heat n’est pas meilleur sans Dwyane Wade. Pas sur le plan du potentiel en tout cas. Avec sa troisième star, les vice-champions ont forcément plus d’armes et donc de moyens de faire la différence, surtout en playoffs lorsque le numéro 3 est au top. Quand le Big Three joue à l’unisson, il n’y a pas grand chose à faire.

Ce qui est vrai, c’est que le Heat ressemble plus à une vraie équipe et est plus agréable à voir jouer sans son joueur emblématique. En l’absence de Wade, LeBron James ressemble à nouveau au talent exceptionnel auquel on s’était habitué à Cleveland. Leader incontesté en l’absence de son pote, il est plus libéré. Il fait tout. Chris Bosh se remet aussi en mode « Raptor. » Toute l’équipe tourne et c’est joli…

Deux (complémentaires) suffisent pour les fans
C’est simple : trop de star tue la star. Quand Wade est là, les deux autres ont moins de place. Et c’est peut-être aussi ça qu’on peut reprocher à ce sur-regroupement d’étoiles. Il ne nous permet pas de voir les talents s’exprimer. C’est aussi pour ça que la formation du Big Three était frustrante. Qu’aurait bien pu donner un LeBron grand patron à New York avec Amare’ à ses côtés et quelques bons role players ? Combien de grands numéros aurait-il pu offrir aux fans du Garden ? A Miami on a trois stars qui n’ont pas la place pour jouer à fond de leur potentiel.

Voilà un des paradoxes du basket. C’est un sport d’équipe et rien ne vaut un superbe jeu de passe. Mais il est aussi exceptionnel de voir les plus grands talents de la planète s’exprimer dans ce qui s’apparente parfois à des numéros de solistes. Et quand ils s’annulent entre eux, c’est frustrant.

Comme beaucoup l’ont déjà souligné (notamment Fabrice Auclert sur Yahoo!), le problème de Wade et James, c’est qu’ils ont les même qualités et le même besoin d’avoir le ballon en main. Difficile de s’exprimer en même temps dans le même registre. Dans un autre registre, Pau Gasol et Andrew Bynum montrent les mêmes difficultés à bien jouer ensembles depuis plusieurs années.

A l’inverse, Bosh et James ont montré ces derniers jours qu’ils peuvent briller l’un avec l’autre parce qu’ils n’ont pas les mêmes qualités. Et c’est quand même plus agréable. Une équipe avec un vrai leader et plusieurs options, du danger qui viens de partout, des joueurs qui shootent, ça gagne aussi. Du coup, deux stars deviennent plus fortes que trois. Au moins pour la beauté du jeu. Et peut-être pour l’efficacité dans les moments chauds, lorsque deux leaders se retrouvent à ne plus savoir qui est le leader.

Sans compter que, pour l’intérêt des fans, la troisième star pourrait être ailleurs pour relever le niveau d’une autre équipe et créer d’autres matchs intéressants.

Un grand dilemme dans deux ans ?
Sans Wade – ou comme ce serait probablement le cas sans James – le Heat aligne d’avantage de shooteurs sur le terrain, étire plus la défense et joue plus fluide.

Cela pourrait donner des idées à Erik Spoelstra pour les playoffs. Mais cela pourrait aussi donner des idées aux dirigeants pour l’avenir. Dans deux saisons, la luxury tax va devenir beaucoup plus dure pour les équipes qui la paieront.

Le Heat pourrait espérer que le trio devienne inarrêtable et qu’il suffise de coller des salaires minimums autour pour continuer à enchainer les victoires au fil des années. Et si les titres sont là ces deux prochaines saisons, il sera dur de démanteler le trio.

Mais la performance actuelle du groupe pourra aussi poser les dirigeants face à un gros dilemme en 2013 (le moment ou la luxury tax va devenir beaucoup plus sévère) : Une équipe de trois stars entourés de joueurs de seconde zone ou un effectif à deux stars avec de l’équilibre ? Et dans ce cas là : Dwyane Wade ou LeBron James ?

Le premier est le joueur emblématique de l’équipe – cela fera 10 ans en 2013 – l’autre est talentueux, plus jeune et moins fragile physiquement. Pas facile. Le choix du cœur est Wade. Le choix sportif est LeBron.

A ce moment là, on saura si les dirigeants du Heat pensent aussi que deux stars sont plus fortes que trois pour faire une bonne équipe. S’ils débarquent un de leurs amigos, il se pourrait alors que leur décision et l’arrivée de la luxury tax renforcée mette déjà fin à l’ère des regroupements de stars. Pas forcément un mal pour le basket d’équipe.

2 Commentaires sur “2 > 3 ?”

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  1. [...] l’équilibre de l’équipe qu’un éventuel bobo de Wade ou James. On l’a vu lorsque Flash était sur la touche en cours de saison. Sans personne dans la peinture, Miami se retrouve avec deux grands talents qui [...]

  2. [...] On l’a déjà vu en saison régulière et on le constate encore depuis trois matches, l’ancien Raptor est plus important pour l’équilibre de son équipe que James et Wade dont les qualités se dupliquent. [...]

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