Gros marchés: Le mythe de l’Eldorado publicitaire

(Long) Papiers.Business.Transferts 26 janvier 2012 | 0 Commentaire

Pourrait on arrêter dans les rumeurs de transferts de dire que tel ou tel joueur veut aller à New York ou Los Angeles pour avoir plus de contrats pub ? Cet argument a vécu.

Grande nouvelle ! Nous sommes au 21e siècle. On peut regarder tous les matchs NBA sur le net. On peut commander les chaussures de Kobe ou KD dans tous les coloris que l’on veux sur le net d’un pays à l’autre. On regarde tous les highlights sur You Tube. Les joueurs communiquent avec leurs fans sur Twitter. Ils ont des pages Facebook… Si on aime un joueur, on peut le suivre sans soucis. Si la NBA veut qu’un joueur soit célèbre, il n’a qu’à être en valeur sur la Une du site de la ligue.

Et pourtant, on entend toujours parler d’un supposé avantage que les joueurs auraient à quitter… disons Orlando pour New York ou Los Angeles. C’est oublier qu’on est au 21e siècle.

Si vous êtes une superstar, l’argent tombera que vous soyez à L.A ou à OKC. Kevin Durant a gagné plus de 14 millions de dollars en contrats publicitaires l’an dernier. Ses principaux partenaires (Nike, Gatorade et EA Sport) sont des marques qui touchent le monde entier. Et il en a d’autres plus nationaux. Depuis sa petite ville de l’Oklahoma, Durant a quand même gagné plus d’argent avec ses sponsors qu’Amare Stoudemire (8 millions) ou Carmelo Anthony (6 millions) qui sont censés évoluer dans des gros marchés ou l’argent coulerait à flots. Bien-sûr, c’est moins que les 28 millions de Kobe à Los Angeles. Mais Kobe hors-concours. Le Laker est déjà une icône planétaire et a gagné 5 bagues.

LeBron a gagné 30 millions hors-basket l’an dernier alors que Miami n’est pas un énorme foyer de population mais surtout que la grande majorité de ces deals ont été signés alors qu’il était à Cleveland. Il gagnait d’ailleurs encore plus en sponsoring (42,5 millions) l’année précédente sous le maillot des Cavs’. Si vous êtes bons…

Un non-problème pour D12

Dwight Howard étant au cœur des rumeurs actuelles, c’est de lui qu’on dit en ce moment qu’il pourrait gagner encore plus à New York. Vraiment ? Le pivot a déjà cumulé 12 millions en sponsoring l’an passé en jouant à Orlando.

Oui mais, dans les grands marchés, il parait qu’on passerait plus souvent sur les chaines nationales. Oui. Mais pas tant que ça. Cette saison, les Celtics seront encore l’équipe la plus vue sur les grands networks avec 31 apparitions sur TNT. Les Knicks auront le droit à 27 matchs nationaux contre 24 à Orlando. On peut penser que la constitution du duo Anthony/Stoudemire faisait espérer aux programmateurs que les rencontre New Yorkaises valaient le coup.

En 2010/2011, le Magic a été programmé sur des chaines couvrant tous les USA à 29 reprises. C’était plus que les champions en titre d’alors qu’étaient les Lakers (27), les Bulls (27), Mavericks (24), Thunder (24). Les Knicks étaient loin derrière avec 18 matchs nationaux. Même les Spurs (23) en avait plus que l’équipe de Mike D’Antoni. Encore une fois, si vous êtes bons…

Sur des choses plus locales, être dans une grande ville présentera forcément plus d’opportunités. Mais si on prend les choses dans leur ensemble, le bénéfice n’est pas si énorme qu’on voudrait nous le faire croire, surtout vu les sommes en jeu.

La vrai différence quand on choisit une grande ville, c’est surtout de répondre à la pression plus importante qu’implique de jouer chez les Lakers ou les Knicks. Les médias sont moins tendres (Hello New York Post !), le public est parfois plus exigeant et la crise n’est jamais loin. Demandez à Amare et Melo’.

Si vous réussissez, par contre, vous devenez un héros. Presque une légende. Être constamment confronté à ses échecs ou ses succès. C’est ça le vrai enjeu. C’est ça le vrai pari des gros marchés. Le pari que LeBron n’a pas osé.

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