Jeremy Lin ou le sauveur de Mike D’Antoni ?

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Polémiques 13 février 2012 | 0 Commentaire

Vous savez qui apprécie le plus la folie actuelle autour de Jeremy Lin ? Le coach à moustache sur le banc des Knicks.

Il y a encore quelques jours, Mike D’Antoni était un homme contesté à New York. Sa place semblait plus que jamais en danger et ses détracteurs n’allaient pas tarder à obtenir son départ. C’est à ce moment que débarque Jeremy Lin. Cinq victoires et un phénomène mondial plus tard, le coach peut respirer un peu. Son système à une deuxième chance.

Jeremy Lin c’est une belle histoire pour plein de raisons. D’abord, c’est enfin une histoire de basket. Alors que les intrigues de la NBA commençaient à se situer beaucoup trop en dehors du terrain – entre les pleurs d’Howard, la décision de LeBron, le Melo-drame et autres joyeusetés – Lin fait enfin parler du parquet. Ensuite, en l’absence des deux superstars de son équipe, Lin et son coach ont montré que le basket est toujours un sport d’équipe.

L’histoire est belle mais elle est bien embêtante pour ceux qui espéraient que D’Antoni n’allait pas tarder à prendre la porte et que les Knicks allaient revenir à un basket plus traditionnel et peut-être enfin défensif. Pour ceux qui – comme moi – ne pensent pas que D’Antoni soit le genre de coach qui fait gagner des titres, chaque nouvelle prouesse de Lin-sanity est douce-amère.

D’Antoni 1 – Anthony 0
Pour le moment, le fait est que Lin donne raison à son coach. Pendant un mois, les Knicks ont joué façon Carmelo Anthony. Résultat : défaites. Depuis une semaines, ils jouent de nouveau à la sauce Mike D’Antoni. Résultat: victoires.

Lors de leur dernière défaite (contre Boston le 3 février), les Knicks ont joué 9 pick and roll. Au cours de leur victoire contre les Lakers, ils en ont déroulé 49. Maintenant que D’Antoni n’a plus à contenter Melo et qu’il a un meneur qui lui convient, le coach peut à nouveau utiliser son système préféré. Et ça marche.

Comme l’a montré Dimitri Kucharczyk dans son excellent papier coaching sur Basket USA, Lin profite du système D’Antoni et le système profite du nouveau prodige. Au passage, Tyson Chandler est étincelant et toute l’équipe semble revigorée.

La pression sur Melo… pour l’instant
Le suspense à Gotham ne va faire que monter d’un cran avec les retours d’Amare et Melo. Le premier connait le système d’Antoni et sait briller dans ce cadre. La pression est donc sur l’ancien Nugget.

« Tout ne repose sur personne d’autre que sur Carmelo. Il doit s’ajuster, a aussi donné son avis Ron Harper au New York Daily News. Il a vu comment ils ont joué lorsqu’il tenait le ballon. Qu’est ce qu’ils ont fait ? Ils perdaient. […] Il doit apprendre comment jouer sans le ballon. Les meilleurs joueurs offensifs apprennent comment jouer sans le ballon. Ou aller. Comment être ouvert. Il doit apprendre ça. »

Le coach, lui, ne se mouille pas : « On devrait s’améliorer à partir de là – c’est évidemment l’objectif – et certains gars vont devoir faire un petit effort. Mais cela va aussi s’adapter à eux et ils le savent« , a expliqué D’Antoni.

Anthony peut-il rentrer dans le système d’Antoni ? Mystère. Mais pour l’instant, les théories de son coach marchant bien en son absence, c’est lui, plus que son coach, qui est sous le projecteur. Si Melo n’arrive pas à rentrer dans la danse, les Knicks pourront regretter d’avoir lâché Danilo Gallinari, Wilson Chandler, Raymond Felton et une saison de progrès pour une star qui ne convient pas à leur philosophie.

Au bout d’un moment, entre D’Antoni et Anthony, il faudra choisir. Pourquoi pas se débarrasser de la star pour reconstruire une vraie équipe à partir d’un grand meneur ? Si James Dolan fait ce choix, alors Jeremy Lin aura clairement sauvé la place de son coach.

Malheureusement pour le coach, pas-sûr que ses patrons ne lui préfèrent pas la star qu’ils désiraient tant il y à un an. Et si c’est le moustachu qui est débarqué, les Knicks auront perdu beaucoup de temps pour rien.

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