NCAA – Xavier: No Fly Zone

Non classé 1 mars 2012 | 0 Commentaire

Une fois n’est pas coutume, je laisse le clavier de Basket Blog à un invité. Voici un papier d’Arnaud Di Stasio qui nous propose une plongée dans les tribunes d’un match NCAA de la fac de Xavier.

Samedi dernier, les Xavier Musketeers affrontaient les Dayton Flyers. Si Cincinnati possède plusieurs franchises professionnelles (Bengals en NFL et Reds en MLB), c’est le championnat universitaire qui draine tous les fans de basket de la Queen City. L’affiche de l’Atlantic 10 Conference est l’occasion d’une plongée dans l’antichambre de la NBA à quelques jours de la March Madness.

Les Musketeers constituent la vitrine de l’Université de Xavier. Outre ses participations régulières au Tournoi NCAA (19 fois en 26 ans dont 2 Elite Eight dernièrement), Xavier a sorti 17 joueurs NBA parmi lesquels le All Star David West (qui arbore un tatouage à la gloire de Xavier sur sa musculeuse épaule), le double champion James Posey et plus récemment Derrick Brown et Jordan Crawford. Inscrit à la Draft 2011 avant de se rétracter pour jouer une dernière saison avec Xavier, le prochain sur la liste pourrait s’appeler Terrell « Tu » Holloway, le 11e marqueur de l’histoire de la fac avec 1662 points au compteur.

Pour mesurer la ferveur des fans, rien de tel qu’un détour par le Cintas Center, situé en plein campus. Si l’antre des Muskies (10 250 sièges) fait le plus souvent salle comble, ce Xavier-Dayton était « sold out » depuis trois mois. Dehors, certains fans font la queue depuis 8 heures du matin alors que le coup d’envoi n’est prévu que pour 20 heures ! Il faut dire qu’avec le Crosstown Shootout (qui oppose Xavier aux Cincinnati Bearcats), le match face à Dayton constitue l’autre évènement incontournable de la saison. Seulement séparées par 46 miles, Dayton et Xavier sont des rivales historiques qui s’affrontent pour la 157ème fois depuis 1920.

Dans les gradins, grimées aux couleurs de l’université, toutes les générations se côtoient. Si la plupart des spectateurs sont abonnés, les autres peuvent s’offrir une place contre une trentaine de dollars. Regroupés derrière un des paniers, les étudiants ont le privilège d’entrer gratuitement s’ils ont pu réserver sur le site de l’université une des places d’un stock mis à leur disposition et qui s’écoule en une dizaine de minutes à peine.

Après le traditionnel hymne américain, le show peut commencer… Dans une salle plongée dans la pénombre, les joueurs se réunissent en cercle et se balancent d’un côté puis de l’autre en se tenant par les épaules. En conclusion de l’annonce du 5 de départ, un grondement s’élève pour saluer Tu Holloway, guard et chouchou du public.

Alley-oops, bannières avec le palmarès de l’équipe et maillots retirés suspendus au plafond, tatouages à foison, fanfare, pom-pom girls, on se croirait en NBA… mais ambiance playoffs !

Pendant les temps morts, la concurrence fait rage pour récupérer les ballons, les t-shirts ou encore les burritos propulsés dans le public. Skyline Chili, la chaîne de restaurants locale, y va aussi de son coup de pub en lâchant une dizaine de petits parachutes depuis le plafond de la salle, ce qui occasionne des affrontements acharnés dans les travées! Une animation qu’on retrouve aussi en NBA. Les acrobaties des cheerleaders se succèdent tout comme les pitreries des deux mascottes (un D’Artagnan breakdancer et Blue Bob la boule de poils bleue).

Autour du banc de touche, on assiste à un vrai ballet. Critiqué pour son inexpérience et son incapacité à gérer des joueurs au talent et à l’ego certains, le head coach Chris Mack est entouré d’un véritable bataillon (assistant coaches, kinés, …) auquel s’ajoutent 4 water boys.

Costard, cravate et… short
Sur le parquet, après une grosse entame de Xavier, le match est serré. Comme souvent dans l’adversité et malgré ses 2m14 et 145kg, le pivot Kenny Frease peine. Heureusement que cette équipe possède un des meilleurs backcourts du pays, et Mark Lyons et Tu Holloway (16,0 et 17,0 points par match en moyenne) semblent dans un bon soir. Mais ce sont les Flyers qui mènent à la mi-temps (37-32). Pour remettre un peu de baume au coeur au Cintas Center, un magicien et son assistante débarquent sur le parquet!

L’ensemble de la tribune étudiante porte un T-shirt marine de Xavier à l’exception de plusieurs élèves qui osent le combo costard-cravate-short, de 3 papes et des Xtreme fans. Torses peints en bleus, ils portent chacun une lettre blanche dévoilant l’inscription « No fly zone » .

Si la raquette des Muskies était peut-être frappée d’une interdiction de survol, ce n’était pas le cas de celle des Flyers (surnommés ainsi car les pionniers de l’aviation américaine étaient originaires de Dayton). Servi par Lyons, le spectaculaire freshman Dezmine Wells ne se fait pas prier pour inscrire un alley-oop, sa spécialité avant d’ajouter 2 layups qui permettent aux Musketeers de mener 49 à 43.

A mesure que la fin approche, les étudiants se déchaînent. Et lorsqu’un joueur de Xavier s’avance derrière la ligne de lancers francs, toute la tribune croise les bras pour former un « X ».

Dans une atmosphère électrique, Holloway ne tremble pas. A 10 secondes de la fin, le joueur de 22 ans pénètre dans la raquette, marque et obtient la faute (75-73). Kevin Dillard, son alter ego côté Dayton, réplique en inscrivant un panier au buzzer (75-75). On va avoir droit à un overtime!

Malgré la surveillance rapprochée de la défense adverse, Lyons inscrit 2 layups coup sur coup (20 points au total). MVP de la conférence et élu dans le Top 15 national en 2010-2011, Tu Holloway rentre un 3 points puis 4 lancers francs (pour une feuille de stats qui le pose en candidat plus que crédible à la Draft 2012: 32 points, 6 rebonds et 5 passes). Dillard décoche une dernière banderille mais la balle rebondit sur l’arceau (86-83)!

La polémique déclenchée par la bagarre et les propos qui ont suivi le Crosstown Shootout est venue enrayer une machine bien huilée et, malgré la victoire, les Musketeers sont en ballotage défavorable. Après un règne de 7 ans sur l’Atlantic 10, Xavier est pratiquement condamnée à décrocher le ticket du vainqueur du Tournoi final de l’A-10 pour participer à la Big Dance. « Tu » reste donc à faire!

Laisser un commentaire