100 points de Chamberlain: Le mythe démonté

Old School.Polémiques 5 mars 2012 | 1 Commentaire

Chamberlain par ci, Chamberlain par là… Et si on jouait un peu les rabat-joie ?

Vendredi, la NBA a fêté l’anniversaire des 100 points en un match de Wilt Chamberlain. Une performance exceptionnelle mais peut-être à mettre en perspective. Voici pourquoi avec plusieurs raisons et un peu de mauvaise langue.

Un géant parmi les nains
Même si on se plaint de la pénurie actuelle de Big Men, la situation n’était pas meilleure en 1962. « J’ai regardé un DVD du match à 73 points de Wilt à New York et deux choses ressortaient: Premièrement, il avait l’air d’un pivot McDonald All-American qui jouait avec des collégiens. Personne n’avait la taille et la force de ne serait-ce que penser à le contenir« , explique Bill Simmons dans son Book of Basketball.

Pour ne rien arranger aux affaires des Knicks, leur pivot titulaire était malade et absent. « Le scoop c’est qu’il avait la gueule de bois« , a expliqué Darrall Imhoff au L.A. Times, ce qui donne aussi une idée de la préparation physique de l’époque. Imhoff et ses 208 centimètres ont résisté une vingtaine de minutes aux 2,16m de Chamberlain à cause de trop nombreuses fautes. Ensuite, c’est le rookie Cleveland Buckner (2,06m) qui a pris le relais.

Des règles différentes
Chamberlain n’avait peut-être pas la ligne à trois points, mais il avait un avantage que les pivots actuels n’ont plus : les interférences offensives étaient autorisées en 1962. Le pivot des Warriors pouvait donc se saisir des tirs de ses coéquipiers avant qu’ils arrivent dans le cercle pour les dévier et les ajouter à son compteur point. Ça aide quand on est le plus grand joueur sur le terrain.

Un basket différent
Voilà comment Simmons décrit le basket du début des années 60 dans son bouquin: « Personne ne jouait de défense et tous les matchs ressemblaient à un All-Star Game décousu ou pire à un pickup game à l’université ou personne ne revient en défense parce qu’ils se remettent de la fête de la bière de la veille. »

Sur la saison 1961-62, les équipes marquaient EN MOYENNE 118,8 points par match. Il y avait en moyenne 8619 tirs par équipe et par an contre 6683 en 2008. Cette année là, Chamberlain tentait en moyenne 40 tirs et 17 lancers francs par match.

Même Chamberlain n’en voulait pas
« Pour être honnête, il était un peu gêné ce soir là. » C’est Richie Guerin, un des adversaires de Chamberlain ce jour là qui le dit. « Je ne sais plus combien de temps il restait mais il essayait de sortir du match, confirme Al Attles, un coéquipier de Chamberlain. Frank McGuire ne voulait pas le sortir. » La sœur du pivot a aussi confirmé à Yahoo! Sports qu’il n’a pas voulu parler de ce match pendant plusieurs années.

Le match était déjà joué et pourtant…
Même si le rythme des matchs était très élevé et les possessions nombreuses, Chamberlain a eu besoin d’un petit peu d’aide pour atteindre les 100 unités. « Ils ont fait des fautes sur nous alors que ca n’était pas nécessaire en deuxième mi-temps pour récupérer le ballon en attaque, explique Guerin. Pourquoi feriez vous délibérément faut sur quelqu’un au dans leur moitié de terrain ou ce genre de chose si vous menez de 15 points à part si vous essayez d’accomplir quelque chose ? Je ne l’ai pas bien pris du tout. »

Un match de légende quand même
Ne soyons quand même pas trop rabat-joie. Rendons à César ce qui lui appartient. Malgré ces nuances, le fait reste que Wilt Chamberlain a fait exploser le compteur. Il a mis ces ballons dans le panier. Il a atteint les 100 points. Les conditions des cartons à 81 points de Kobe ou à 69 points de Jordan étaient probablement plus difficiles si on compare le contexte mais le légendaire numéro 13 a quand même réussi un exploit exceptionnel qui n’est pas prêt d’être battu. Même si replacer l’exploit dans son contexte est nécessaire, cette journée de mars 1962 mérite bien la place qui est la sienne dans la légende du basket.

Un commentaire sur “100 points de Chamberlain: Le mythe démonté”

  1. SIR CHARLES dit :

    Très bon article, angle différent c’est agréable à lire, frais.
    Chamberlain ça m’a rappelé ça : http://basketpubs.canalblog.com/archives/2012/03/02/23662092.html

Laisser un commentaire