Tom Benson, l’homme qu’il fallait à New Orleans

(Long) Papiers.Conf ouest.Vie de la ligue 16 avril 2012 | 0 Commentaire

Une des situations les plus anormales de l’histoire de la ligue ayant débouché sur un des trades manqués les plus polémiques de l’histoire de la ligue a enfin pris fin: les New Orleans Hornets ont un propriétaire !

L’espoir est de retour en Louisiane. Tom Benson, le propriétaire de la franchise NFL de la Nouvelle Orleans vient de mettre la main sur les Hornets. Pour les fans, c’est une bonne nouvelle pour beaucoup de raisons.

Un proprio attaché à la Nouvelle Orleans… enfin… au moins depuis 2006
Si Benson est aujourd’hui une des figures les plus populaires de sa ville, il est passé tout près d’y être aussi aimé que Clay Bennett à Seattle. En 1985, Benson, un natif de la ville a racheté les Saints pour les empêcher de partir à Jacksonville. Mais après l’ouragan Katrina, et alors que la ville pansait toujours ses plaies, Benson n’avait pas vraiment envie de s’éterniser. Pendant plusieurs mois, il a tenté de faire déménager définitivement son équipe à San Antonio, son autre ville de cœur. Finalement, il est resté. Depuis, les victoires ont effacé ce mauvais souvenir, Benson est pardonné et les habitants de la Big Easy sont derrière lui.

Un homme en quête d’image
Le rachat des Hornets est une bouffée d’air frais pour un homme en pleine tourmente. Pour ceux qui ne suivent pas la NFL, les Saints de Benson sont au coeur d’un des plus gros scandales qu’ait connu la ligue de Foot US depuis un long moment. L’équipe s’est fait pincer pour un programme de primes qui récompensait les joueurs qui arrivaient à blesser leurs adversaires. Le tout organisé par les coachs. Résultat: le coach est suspendu pour un an, le manager général pour huit matchs et le coordinateur défensif qui chapeautait le système ne coachera sûrement plus jamais. Comme si ça ne suffisait pas, on a aussi eu une preuve audio ou le coordinateur défensif en question appelle ses joueurs à délicatement couper en deux les ligaments d’un de leurs adversaires. Pas méchamment mais parce que, vous savez… c’est moins pratique pour courir.

Officiellement, tout ça c’est passé dans le dos de Benson. Mais l’image nationale du propriétaire n’en est pas moins ternie. Arriver en sauveur de l’équipe de sa ville natale et lui assurer de rester de ne pas déménager aide. Mais il faudra en faire encore un peu plus. Et c’est bon pour les Hornets. Benson a sûrement envie de se changer un peu les idées. C’est probablement pour ça qu’il s’est rapidement montré actif en annonçant qu’il veut changer le nom de l’équipe.

(Petite parenthèse sur le nouveau nom. Je vote pour les « Frenchies. » Bah quoi, ils ont un quartier français ! Et c’est la Nouvelle « Orléans » ! Comment ça impossible ?! Sinon quelque chose en rapport avec les Alligators, une des spécialités locales. Je sais que ça fait penser à la fac de Florida mais la Louisiane aussi est terre de Gators. Dans un autre genre, une campagne a été lancée pour « Bounce » sur Facebook, ce qui est pas mal par rapport à l’esprit musical de la ville. Autres bonnes propositions recueillies dans les commentaires de Basket USA: Cajuns (ed50), Lobsters (McGee the Brain), Beats (BateBorissov), Drums (NYCrisis). Une campagne a aussi été lancée pour « Bounce » sur Facebook. )

(Parenthèse 2: Si jamais Benson veut garder la charte de couleurs des Saints, qu’il ne se gêne pas. Ce serait étrange d’avoir deux franchise avec le même nom mais pour l’uniforme, avec un peu de travail, les tenues des Saints pourraient bien se transposer au basket)

De dernier à premier
Cette tradition qui consiste à mettre un sac en papier sur sa tête pour montrer qu’on a honte de son équipe ? « Made in New Orleans » ! Cette mode a été lancée par les fans des Saints après que l’équipe ait perdu ses 14 premiers matchs en 1980.

Cinq ans plus tard, Benson est arrivé. D’abord considéré comme cheap par les fans, il a fini par mettre doucement mais sûrement en place une culture de la gagne. En 2006, il a touché le pactole avec les arrivées du coach Sean Payton et du quarterback Drew Brees. Deux paris (Brees avait déjà été opéré de l’épaule) ultra gagnants qui ont culminé par un Super Bowl gagné en 2010, le premier titre de la franchise.

La NBA ne fonctionne pas comme la NFL mais Benson a au moins l’avantage de savoir ce que ça fait de commencer avec une équipe de losers. L’autre avantage, c’est qu’il n’est pas le genre de propriétaire omniprésent qui veut imposer ses choix. Benson va essayer de bien s’entourer et laisser faire les pros. Ça aussi, c’est une bonne nouvelle.

Le Benson Boogie ! (à partir de 30 secondes)

Petit bémol quand même, maintenant qu’il a 85 ans, Benson va peut-être danser un peu moins. A ce propos, il faudrait aussi éviter qu’il croise Chris Kaman dans un coin sombre de la salle histoire que la frayeur ne fasse pas lâcher son pacemaker.

Tom Benson n’est pas Michael Jordan
Et ça, évidemment, c’est ce qui pouvait arriver de mieux aux Hornets.

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