On a retrouvé Ron Artest…

(Long) Papiers.Conf ouest.Non classé.Polémiques 23 avril 2012 | 0 Commentaire

En l’espace d’une action, Metta World Peace a résumé toute la carrière de Ron Artest: le bon gâché par le pire.

En regardant le début de match des Lakers dimanche soir, je me suis dis « On a retrouvé Ron Artest et je vais peut-être en faire un papier demain. » C’était avant que Metta World Peace, le mal nommé, ne fasse goûter son coude au cerveau de James Harden.

En 17 minutes, MWP avait inscrit 12 points, pris 5 rebonds et volé 3 ballons. A ce moment là, il était en train de confirmer ce que l’absence de Kobe avait permis d’apercevoir, que le vrai Ron Artest, celui qui joue bien au basket, celui qui n’est pas perdu dans le triangle, était de retour. En avril, la paix dans le monde marque 14,2 points par match à 47,8% au tir et défend bien.

Le problème, c’est que Ron Artest le basketteur ne revient pas seul. Metta World Peace, c’est ce mec rigolo qui veut plaire à tout le monde et se racheter une image mais qui ne joue pas bien au basket. Lorsqu’il redevient Ron Artest, il rejoue mieux. Mais il redevient aussi ce dangereux impulsif. Une sorte de schizophrénie étrange et terrifiante. Comme s’il avait besoin d’être dans un état d’esprit extrême pour bien jouer.

Indéfendable
Dimanche soir, on a retrouvé Ron Artest. Le package complet. Au bon a donc inévitablement succédé le pire.

Son excuse ?

Même en aimant le personnage, même en admettant que ses neurones se soient déconnectés pendant une seconde, la séquence est impardonnable. Parce que s’il s’agit vraiment d’un accident et qu’il est désolé, pourquoi se mettre en position de boxeur quand Ibaka arrive plutôt que d’aller platement s’excuser ?

Le plus probable, c’est que Artest a perdu l’esprit. Tout simplement. Ce n’est pas volontaire ou involontaire. Il a juste perdu la tête et ne réalisait sûrement même pas ce qu’il faisait. Il s’est dit « Harden est collé à moi, je vais le dégager » et il l’a fait.

Il est resté dans cet état second jusqu’à la fin. Exactement sur le même principe que lorsqu’il demandait à ses coéquipiers s’ils allaient avoir des problèmes après la bagarre géante de Detroit. Artest n’avait pas toute sa tête ce jour là. Il n’avait pas toute sa tête dimanche non plus.

Cela n’excuse rien. S’il a des problèmes, Artest doit continuer d’essayer de les soigner. Pas seulement pour lui mais pour tout le monde. Lorsqu’on est un spécimen physique comme lui (Artest est le joueur le plus large que j’ai vu « en vrai » la saison dernière, impressionant), capable de tuer un autre humain à main nue, on ne peut pas être une bombe à retardement.

Et maintenant ?
Peut-être Artest va-t-il descendre de sa planète dans quelques heures, réaliser ce qu’il a fait et se trouver désolé. Peut-être est il vraiment un mec gentil avec un gros problème. Mais c’est trop tard. Le mal est fait. Sur le crane de son adversaire, dans la dynamique de son équipe et sur son image. Là encore tout, ça rappelle salement l’épisode de Detroit.

Prenons dans l’ordre. James Harden va mettre plusieurs jours à se remettre du choc. Espérons pour lui et le Thunder qu’il pourra attaquer les playoffs à fond et que cela ne cassera pas non plus la bonne période dans laquelle il était.

Pour les Lakers, avoir un MWP à ce niveau était synonyme d’espoir de retrouver les Finals. Sa suspension va forcément compliquer les choses. Matt Barnes peut un peu combler le vide mais Devin Ebanks est court en sortie de banc.

L’image publique du joueur, elle, est de nouveau ternie. « Oh, vous êtes surpris que Metta World Peace soit redevenu Ron Artest ? Ouai, et je suis sûr que Mike Tyson est un aussi un être humain parfaitement stable maintenant« , lançait le compte Twitter humoristique SportsWonka.

En une action, Metta World Peace a ruiné des années d’effort pour faire oublier la bagarre du Palace et son vilain alter égo Ron Artest. Pour le public, il est toujours Ron le dingue. Est ce que le passif de l’ailier des Lakers va jouer sur l’importance de sa suspension ? Seul David Stern le sait.

Un joueur talentueux, une situation violente et David Stern obligé de sévir ? On a vraiment retrouvé Ron Artest.

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