C’est dans la tête ! Les Lakers n’en veulent plus

(Long) Papiers.Conf ouest.Playoffs 22 mai 2012 | 3 Commentaires

L’image ci-dessus symbolise la différence qu’il y avait entre le Thunder et les Lakers lors de ces playoffs. D’un côté une équipe qui en veut et qui s’arrache. De l’autre, des vétérans incapables d’être motivés plus de 10 minutes de suite.

C’est dans la tête docteur. C’est dans la tête. Est ce que les Lakers avaient significativement moins de talent que le Thunder sur le terrain ? Non. Est ce qu’ils ont donné l’impression d’être en position de gagner à un moment de cette série ? Pas vraiment. Avec les idées dans le bon sens, ils n’auraient peut-être pas gagné, mais la série aurait dû être plus longue et accrochée.

Ce n’est pas normal. Quand on a Andrew Bynum et Pau Gasol dans la raquette et Kobe Bryant à l’extérieur, ce n’est pas normal. Le problème, c’est qu’un ressort est cassé mentalement. A l’exception de quelques rares passages, les Lakers semblaient trainer leur peine et leur talent sur le parquet. Vieux, usés et fatigués. Tous sauf guerriers. Une sorte d’anti-Celtics.

Dans le dernier match, même quand l’écart tournait autour d’une dizaine de point, on n’a jamais eu l’impression qu’il pouvait se passer quelque chose qui allait relancer les Angelinos. Pendant que Russell Westbrook hurlait, les hommes en mauve avaient la tête basse.

L’anti-antidote Kobe

Kobe Bryant est le seul qui est motivé. Tout le temps. Le problème, c’est que cela n’aide pas forcément ses coéquipiers. L’effet de Kobe sur ses coéquipiers, c’est un peu celui d’un médicament pas adapté qui aggrave les symptômes.

Après le Game 4, Kobe s’en est pris à Pau Gasol pour avoir refusé un shoot. Bien-sûr que l’Espagnol aurait pu tirer. Mais est que l’intérieur était celui qui a shooté à 2/10 dans le dernier quart ?

Malgré toute sa bonne volonté, Kobe n’aide pas les autres en forçant ses shoots et en engueulant ceux qui ratent. Son impatience ne crée pas le climat de confiance et de sérénité nécessaire à la victoire. On dirait qu’il ne le comprendra jamais. Dommage. On s’en doutait, on dirait qu’il a fini par venir à bout des nerfs de ce groupe.

Pas simple comme un coup de Phil

La facilité après une défaite, c’est de s’en prendre au coach. Mike Brown n’a pas de charisme, Mike Brown n’a pas de systèmes offensifs, Mike Brown ne peut pas tenir Kobe… et bla, et bla et bla…

Quel coach aujourd’hui peut tenir Kobe ? Est ce qu’il y a un nom qui vient à l’esprit ? Pas vraiment.

Les dernières nouvelles disent que Phil Jackson a envie de revenir au coaching. Heureux hasard ! Sauf qu’on a bien vu l’an dernier que même la Zenitude du coach le plus titré de l’histoire ne pouvait plus rien pour un groupe qui est arrivé mentalement au bout.

En 2011, est ce que les Lakers avaient significativement moins de talent que les Mavericks sur le terrain ? Non. Est ce qu’ils ont donné l’impression d’être en position de gagner à un moment de cette série ? Pas vraiment.

Un problème qui date

Kobe n’a pas à prendre toute la faute. Andrew Bynum est d’une irrégularité agaçante. World Peace est une bombe à retardement. Gasol est anesthésié par son leader.

Pour certains, c’est l’échange manqué pour Chris Paul qui a fait dérailler la saison des Lakers. Mais le problème est plus ancien. On vient de le voir, il était déjà là quand les Lakers se sont fait humilier par Dallas en 2011. Et c’est pour cette raison que les dirigeants ont tenté de faire venir Paul et de casser un groupe qui s’est enfermé dans ses mauvaises habitudes. Ils avaient probablement senti que l’équipe était sur la mauvaise pente. Magic Johnson ne l’avait pas manqué lorsqu’il appelait à casser le groupe après la défaite à Dallas.

Le coup pour Paul était génial à court et long terme mais David Stern en a voulu autrement. Injuste ou pas, la décision du commissioner n’a rien cassé chez les Lakers. Elle les a juste obligé à continuer avec un groupe déjà usé. Même si l’épisode Paul n’avait jamais eu lieu, les Lakers n’auraient probablement pas battu cette équipe du Thunder.

L’impasse

Et maintenant ? La difficile question se pose à tous les éliminés en playoffs mais la perspective est plus compliquée chez les Angelinos. Ici, pas d’espoir de progression d’une jeune équipe.

Mitch Kupchak va devoir faire preuve d’imagination pour réussir à améliorer l’effectif. Une équipe prendra-t-elle un pari sur le contrat à 19 millions de Pau Gasol ? L’intérieur espagnol a sûrement encore beaucoup à apporter à une équipe mais sa côte n’est aidée ni par ses performances récentes ni par son contrat. La contrepartie potentielle risque donc d’être mince. World Peace sera impossible à bouger pendant deux ans et le salaire de Kobe bloque la masse salariale.

Si les dirigeants n’arrivent pas à faire bouger les choses, on risque de voir ce groupe talentueux mais cramé mentalement continuer à trainer sa peine vers des éliminations au second tour des playoffs ces deux prochaines années.

D’ici là, les Clippers pourraient avoir pris le pouvoir au Staples Center.

3 Commentaires sur “C’est dans la tête ! Les Lakers n’en veulent plus”

  1. Thoms dit :

    D’accord, même problème que l’an dernier, c’est mental.
    L’anti-celtics, j’aime pas les joueurs de Boston mais ce que j’aime quand même dans cette équipe c’est qu’ils ne lachent jamais…
    Les Lakers sont suffisant, ils ont largement les moyens d’être champion.
    Le leadership de Gasol avec son équipe d’Espagne manque fortement. Bynum est encore un gamin. MWP est imprévisible et Sessions, on peut pas demander d’avoir des All stars a tout les postes non plus!
    Quand on voit l’énergie de Westbrook à chaque occasion, ca fait rêver :D

  2. Elodie231 dit :

    Belle analyse qui éclaire d’une manière remarquable la tare inexcusable de ces Lakers hautement talentueux.
    Dommage!

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