La difficile vie de LeBron James

(Long) Papiers.Conf est.Playoffs 9 juin 2012 | 1 Commentaire

LeBron James a fait un truc spécial jeudi. C’était impressionnant. Terrifiant. Pendant une soirée, il avait l’air inarrêtable. Le problème pour lui, c’est que ça pourrait ne pas suffire.

Qu’est ce qui se passe si le Heat perd ce soir ? Tout dépendra en partie de ce que fait LeBron James. Mais a moins qu’il plante 20 points dans le dernier quart, il y a de fortes chances pour qu’il entende encore parler de la manière dont il manque les grands rendez-vous.

Ce qui revient beaucoup ces derniers temps, c’est que LBJ a rendu l’extraordinaire ordinaire. C’est vrai. Quand on le voit jouer comme dans le Game 6, on se dit qu’il peut faire sauter les lignes de stats. Une telle présence physique, une telle efficacité, tellement peu de déchets… Avec ça, on se dit aussi qu’il peut être un des meilleurs de l’histoire. On le savait, mais on a visualisé tout cet incroyable potentiel pendant ce match.

LeBron James est le meilleur joueur de la planète actuellement. Il n’y a pas photo là-dessus.

Le problème ? C’est le clutch. Pas assez décisif. Pas assez tueur. C’est vrai aussi. A part quelques grosses sorties, le numéro 6 ne brillait jusque là pas dans les moments chauds.

Condamné à la victoire

Une partie de ces critiques est justifiée. Lorsqu’on a ses capacités, on doit prendre les tirs en fin de match. Mais James encaisse aussi beaucoup alors qu’il veut parfois bien faire, trouver le bon shoot, même si ce n’est pas pour lui, et ne pas jouer les héros. C’est parfois un peu injuste.

Kobe Bryant est censé être le clutch player ultime. C’est vrai. Mais il en loupe aussi beaucoup. Et il ne fait pas aussi mal que le joueur du Heat pendant le reste du match. Surtout quand mister Kobe décide de manger le ballon comme un cannibale sous ecstasy mangerait un visage à Miami.

Certains sont moins clutchs que d’autres. Il va falloir que James ose. Qu’il en rentre quelque uns ou au moins les tente.

La différence jeudi, c’est qu’on sentait pour la première fois chez LeBron l’intensité dans le regard de ceux qui veulent détruire tout ce qui les sépare de la victoire. Et pour le coup, il a vraiment tout détruit. Terminé les sourires, il était là pour faire le job.

Enfin tueur ?

Était-ce le déclic tant attendu ? Si c’était le cas, ça sent bon pour Miami qui va compter dans son effectif un des plus impressionnants basketteurs de l’histoire. Mais si James sort une performance seulement ordinaire pour lui (comptez 25-8-5) dans le Game 7 et que Miami s’incline, alors on se remettra à entendre le même refrain pendant (au moins) un an.

Encore une fois, ce sera à moitié vrai et à moitié injuste pour un joueur qui sort des performances énormes quasiment tout les soirs. D’autant que si les matches sont serrés et que James laisse le shoot, c’est quand même souvent grâce à lui que Miami était toujours dans le match jusque là.

C’est parfois injuste mais c’est comme ça. En NBA, les stars doivent porter leur équipe dans les grands matches ET finir le boulot. Pas le droit de se cacher à la fin. Le triple MVP doit être exceptionnel de la première à la dernière minute. On ne lui pardonnera rien de moins. C’est ça, sa difficile vie.

Un commentaire sur “La difficile vie de LeBron James”

  1. Peter Kush dit :

    Très bon article, même si j’aurais aimé d’avantages d’exemples concrets provenant de match mais bon, cela n’enlève rien à la qualité de l’article.
    De plus il très objectif, car oui, James est le meilleur joueur du monde mais il est pas clutch, et il n’a pas (encore) de titres. Ainsi, comme c’est très bien expliqué dans l’article, ses extraordinaires performances à chaque match lui apporte un statut très lourd à porter qui l’empêche d’échouer et le place au centre du match. Par conséquent, lorsqu’il n’est pas clutch, préférant chercher à faire une passe à un coéquipier mieux placé (ou pas), ben ça laisse un gout amer.

    Bref, tout ça pour dire que j’ai bien apprécié l’article et espère en voir d’autres dans le même genre.

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