La peur de perdre (un joueur) qui fait perdre (des matches)

(Long) Papiers.Conf ouest.Transferts 1 novembre 2012 | 2 Commentaires

LeBron James a-t-il traumatisé à ce point les dirigeants NBA ? On dirait. Depuis « The Decision », la donne a changée. On ne parle plus du départ possible d’un joueur à partir de sa dernière année de contrat. Tout commence un an plus tôt. Et au moindre doute, on envoie la star se faire voir ailleurs par peur de le perdre sans compensation. Les exemples sont déjà nombreux : Deron Williams, Carmelo Anthony, Chris Paul, Dwight Howard et maintenant James Harden. Des joueurs pour lesquels il est réalistiquement impossible de récupérer la même valeur.

Le raisonnement se tient. Dans certains cas, comme ceux de Anthony et Howard, où le joueur a clairement manifesté son envie de départ, il n’y a pas le choix et il faut reconstruire. Mais le cas Harden est particulièrement intriguant pour une autre raison : c’est un prétendant qui a été touché par cette peur de perdre un joueur et qui a fait baisser son niveau. Autre facteur intriguant, le joueur n’était que la troisième option de l’équipe.

Sur le long terme, le Thunder y gagne peut-être. Et encore… Les choix de Draft de Houston pourraient être hauts et Jeremy Lamb est un espoir. Mais sur le court terme, cette équipe qui allait jouer le titre se retrouve privée de son meilleur sixième homme. Kevin Martin peut rendre des services, mais il n’est pas Harden. Et le Thunder est diminué. Ça tombe mal car les Lakers se sont beaucoup renforcés. À une époque – et avec un autre manager – OKC aurait joué cette saison, tenté de décrocher un titre et ensuite fait le bilan de Harden. Vous savez, ce que genre de scènes ou les joueurs s’arrosent de champagne et disent aux caméras : « je ne veux pas penser à la free agency pour le moment, je suis trop heureux d’avoir gagné ce titre ! Ce qui devra arriver cet été arrivera. »

Mais non. Il ne faut plus prendre le moindre risque avec l’effectif. Dommage. D’autant que la franchise avait la possibilité de s’aligner sur toutes les offres ! Ce qui rend la décision complètement incompréhensible. Vu le premier match de Harden sous ses nouvelles couleurs, il y a de quoi s’en mordre les doigts.

On paye le potentiel, pas le rendement

L’autre question posée par le transfert d’Harden est celle de la valeur des joueurs. Transférer une star pour ne pas la perdre pour rien, pourquoi pas. Mais un sixième homme ? Ça n’a pas de sens. Dans ce cas là, on va se mettre à transférer les 3e ou 4e options des équipes avant la fin de leurs contrats. Oui, Harden allait peut-être valoir le maximum l’été prochain. Mais laissez le le prouver. Si vous pouvez prendre le titre avant, prenez le titre et laissez le partir ! À trop avoir peur de perdre un joueur, on fini par perdre sur le terrain.

Le transfert d’Harden est aussi une nouvelle occasion de voir que le CBA n’a rien changé. Le barbu quitte le petit marché qui l’a drafté pour un grand marché. Ce n’était pas ce que le lockout était censé évité ? Une idée comme une autre aurait été de ne pas inclure les contrats des joueurs Draftés par l’équipe dans le calcul de la luxury tax une fois qu’ils ont passé leur contrat rookie. Puisque pas mal de GM kamikazes sont prêts à signer un sixième homme pour 80 millions de dollars, autant aider les équipes qui les ont drafté à les garder.

Si Harden a aussi l’air de penser qu’il vaut 80 millions de dollars, c’est parce que des gars comme Daryl Morey sont prêts à lui donner. Le problème de base est d’ailleurs là, encore plus que « The Decision » : la valeur des joueurs de « milieu de gamme », ceux qui sont bons mais qui ne portent pas (ou pas encore) une équipe, a explosé.

Eric Gordon, Nicolas Batum, Roy Hibbert… On paye le potentiel, pas (encore) le rendement, au risque d’en faire des surpayés et des poids morts dans la masse salariale. Les contrats maximum ne veulent plus rien dire. Il y a de la demande. Le joueurs ne vont pas dire non. Mais les équipes raisonnables sont alors parfois obligées de les laisser partir. Et de belles équipes en devenir comme le Thunder sont ainsi stoppées dans leur élan avant même d’avoir atteint leur pic.

Tagged in ,

2 Commentaires sur “La peur de perdre (un joueur) qui fait perdre (des matches)”

  1. Airmax3D dit :

    « Dommage. D’autant que la franchise avait la possibilité de s’aligner sur toutes les offres ! »
    Alors ça c’est faux en fait.
    Il arrivait au terme de son contrat rookie (4 ans) et allait donc être unrestricted free agent donc aucune option pour le retenir.

  2. admin dit :

    Désolé mais ils pouvaient bien s’aligner. À la fin d’un contrat rookie, l’équipe fait une qualifying offer qui lui permet de s’aligner sur toutes les offres. On l’a vu cet été avec Roy Hibbert et Nico Batum notamment. ;)


    « For first-round draft picks, restricted free agency is only allowed after a team exercises its option for a fourth year, and the team makes a Qualifying Offer at the Rookie-scale amount after the fourth year is completed. For any other player to be a restricted free agent, he must be at most a three-year NBA veteran, and his team must have made a Qualifying Offer for either 125% of his previous season’s salary or the minimum salary plus $200,000, whichever offer is higher. »

Laisser un commentaire