Allen Iverson comme dans un rêve

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Polémiques.Transferts 3 décembre 2009 | 1 Commentaire

Samuel Dalembert fait des rêves prémonitoires. Il y a quelques jours, le pivot des Sixers déclarait avoir rêvé, avant la saison puis de nouveau en début de semaine, qu’Allen Iverson revenait à Philadelphie. Son rêve vient de devenir réalité.

Avec ce retour, Iverson remporte déjà un titre : celui de la plus courte retraite de l’histoire du basket et peut être même du sport en général. Sans avoir de stats officielles sur le sujet on peu se dire qu’il doit être difficile de faire plus court que 4 jours.

Finalement, la fin n’était pas la fin. Comme si ses passages à Denver, Detroit et Memphis n’avaient été que de vilains cauchemars, la réponse se réveille aujourd’hui avec un maillot des 76ers avec l’occasion de boucler la boucle.

Au delà du coté affectif, ce deal a un sens sur le plan sportif. La blessure de Lou Williams ouvre de la place dans le backcourt d’une équipe de Philly qui a en plus besoin de marquer plus de points. AI se retrouve au poste de meneur de jeu. Ailleurs, cela poserais un problème car ca n’est pas sa position naturelle et son passage à Denver l’a montré. Mais Eddy Jordan a déjà prouvé avec Gilbert Arenas qu’il peut faire gagner une équipe dotée d’un meneur pas forcément obsédé par l’idée de passer le ballon.

Ce qui intrigue après ce deal c’est qu’à Philadelphie, Iverson se retrouve maintenant entouré d’une équipe talentueuse. Peut être plus talentueuse que ce qu’il a jamais connu sous un maillot des Sixers. Iguodala a progressé depuis la dernière fois qu’il a joué avec et AI et l’équipe dispose de nombreux jeunes prometteurs. Elton Brand a montré par le passé qu’il peut être un ailier solide et s’il avait la bonne idée de redevenir lui-même Philly disposerais d’un effectif très intéressant. Lors du retour de Lou Williams et Mareese Speights, les Sixers auront même un semblant de profondeur. Sur le papier, il ne serait même pas obscène de parler de playoffs. Sur le papier seulement. La réalité du terrain est souvent très différente.

Mais que va il se passer lorsque Lou Williams va revenir ? C’est LA grande question. Il est impossible qu’Allen Iverson rende le job en souriant. Surtout si l’équipe réussit quelques bonnes perfs’ dans l’intervalle. Il faudra alors espérer que son cadet sera plus raisonnable que lui. C’est un peu le monde à l’envers mais le jeune devra être raisonnable pour permettre à l’ancien de rester heureux.

Dans sa tête, Iverson pense toujours être un franchise player. Il vit toujours dans son rêve à lui. C’est donc tout ce qu’il y a de plus logique de le voir revenir à Philadelphie. Là ou il sera plus facile de faire comme si rien ne s’était passé ces trois dernières années et de penser qu’il est toujours un des meilleurs joueurs de la ligue.

Autre problème pour le staff de Philly, c’est que, comme le souligne Adrian Wojnarowski (journaliste pour Yahoo.com), Iverson n’hésitera sûrement pas à s’appuyer sur sa popularité dans la ville s’il doit se clasher avec ses dirigeants ou son coach.

Des clashs il y en aura peut être. Ou pas. Depuis le début de la carrière d’Iverson, rien n’est jamais sûr. Son caractère a toujours fait de lui un explosif très volatile à manier avec la plus grande précaution. Souvent, il n’a d’ailleurs eu besoin de personne pour se faire exploser. Aujourd’hui c’est peut être encore pire. Il faut s’attendre à tout, à n’importe quoi et pourquoi pas au cauchemar.

Si les Sixers font revenir leur ancienne star, ca n’est pas que par nostalgie et parce qu’Eddy Jordan pense qu’il est « une personne charmante. » Il y a bien sûr un intérêt financier. C’est même sûrement la motivation principale des dirigeants. La franchise de Philadelphie connait une désafection massive de la part de son public cette saison. A tel point que le Wachovia center est l’avant dernière salle de la ligue en terme de fréquentation. Aucun doute, le retour de l’enfant prodige devrait permettre d’améliorer sensiblement la situation.

Comme dans un rêve, Iverson revient sur les terres de ses premiers exploits. Mais est il allé trop vite ? Aurait il pu jouer pour un prétendant au titre s’il s’était montré un peu plus patient ? On ne le saura jamais. Selon la plupart des journalistes américains, les franchises intéressées par les talents du petit numéro 3 n’étaient pas légions. Mais dans le cas d’une blessure à Boston ou d’une tentative désespérée des Cavs, l’expérience aurait valu le coup d’oeil.

Le retour d’Allen Iverson sous le maillot des Sixers va aussi valoir le détour. De nombreuses paires d’yeux seront tournées vers la cité de l’amour fraternel lundi lorsque le lutin va faire son retour contre les Nuggets. Il ne s’en rend sûrement pas compte, mais c’est là que va commencer pour lui une nouvelle (et dernière ?) chance de finir sur une bonne note. Une chance de ne pas gâcher le rêve de Sam Dalembert et de ses fans. Une chance de faire oublier les caprices de l’année écoulée et de rappeler qu’il est aussi un beau joueur de basket. Depuis le temps qu’on ne parle plus que de ses exploits en dehors du terrain, on commencerait presque à penser qu’on l’a rêvé.

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