Gilbert Arenas : La blague de trop ? Humour et conséquences…

(Long) Papiers.Conf est.Non classé.Polémiques.Vie de la ligue 5 janvier 2010 | 3 Commentaires

« Blague ou pas, je reconnais maintenant que ce que j’ai fait était une erreur et que j’avais tort. » Gilbert Arenas est désolé. En plus d’être désolé, le meneur des Wizards a surtout beaucoup de soucis à se faire. Sa dernière blague risque de lui couter très cher.

Un petit retour sur les faits d’abord puisque l’histoire semble – au moins du coté des versions officielles – s’éclaircir. Dans la nuit du 19 décembre, Gilbert Arenas, Javaris Crittenton et JaVale McGee jouent aux cartes dans l’avion qui les ramène de Phoenix. Ils jouent à la « Bourré », un jeu très populaire dans les avions NBA depuis les années 80. Arenas et Crittenton perdent mais l’Agent Zero conteste les règles du jeu et ne veut pas payer sa part. Crittenton paye pour lui. Les deux joueurs se disputent et Crittenton menace verbalement son capitaine en lui expliquant qu’il va tirer dans son genou maintes fois opéré.

Au repos le lendemain, les joueurs se retrouvent le 21 décembre au Verizon center. Pour répondre à la menace de son coéquipier, Arenas a une idée. Il prend trois des armes qui se trouvent dans son locker et les place sur une chaise devant le vestiaire de Crittenton. Avec les pistolets, un note : « Pick one ». Choisis en un. Crittenton n’apprécie pas la plaisanterie et le ton monte.

Que la blague soit bonne ou pas n’est pas le problème. Le soucis pour Arenas, c’est la présence de ces quatre armes avec lui à Washington. C’est ca qui risque de lui attirer des ennuis. Beaucoup d’ennuis.

La justice
Le Verizon Center se trouve dans le District of Columbia, un endroit ou il est un crime de porter une arme en dehors de sa maison ou de son lieu de travail. Ceux qui sont autorisés à avoir une arme doivent la déclarer. Les armes de Gilbert Arenas étaient enregistrées mais en Virginie. Autre question, le Verizon Center est il considéré comme le lieux de travail d’Arenas ?

Dans le District of Columbia, le port d’arme est aussi formellement interdit aux gens déjà condamnés pour des charges concernant les armes. Or, en 2003, Arenas avait plaidé « no contest » pour un délit de port d’arme et de conduite sans plaque d’immatriculation. Aux Etats Unis, un « no contest plea » revient à ne pas nier les faits mais sans plaider coupable.

Pour un port d’arme non-autorisé dans le District of Columbia, considéré comme un crime, le peine maximum est de 5 ans de prison et/ou une amende de 5 000 dollars.

A noter que si l’histoire avait commencé par une rumeur indiquant que Arenas et Crittenton avaient pointé une arme l’un sur l’autre. Ce point de l’histoire a disparu. Pour éviter des charges supplémentaires ?

La NBA
La constitution de la ligue interdit formellement de faire rentrer des armes dans une enceinte NBA. David Stern ne manquera sûrement pas de le rappeler à Arenas. Techniquement, le commissioner peut sanctionner dès maintenant.

David Stern pourrait avoir la main lourde. Au delà du non respect du règlement, il risque aussi d’en vouloir à l’Agent Zero pour le tort causé à l’image de la ligue.

Les Wizards
Gilbert Arenas jouera il encore avec les Wizards dans quelques mois ? La question peut légitimement se poser. Si le joueur est condamné par la justice, son équipe pourrait tenter de faire jouer la clause « morale » qui figure sur tous les contrats NBA. Cette clause permet à une équipe de se séparer d’un joueur s’il est engagé dans des actes non conformes avec les standards d’une attitude citoyenne. Les termes de la clause sont vagues mais si Arenas est condamné, il semble clairement être en infraction avec cette clause.

Depuis qu’il a signé son énorme contrat il y a deux ans, Arenas a passé plus de temps sur la touche que sur le terrain. Il ne s’est pas non plus révélé être un grand leader. Son deal le rend quasiment impossible à inclure dans un trade et ses nouveaux ennuis n’arrangent rien. Si cette mauvaise blague amène aux dirigeants de la franchise une occasion de se débarrasser des 4 ans et demi et surtout des 90 millions restants sur le contrat d’Arenas, ils ne s’en priveront sûrement pas. Pour eux, ca serait presque un mal pour un bien. L’occasion de repartir sur de nouvelles bases puisque cette année ca ne semble pas fonctionner avec Arenas à la barre. Débarrassés de leur meneur, les Wizards disposeraient même d’une belle enveloppe pour signer des joueurs l’été prochain.

Le soucis c’est que cette affaire jette le discrédit sur une franchise qui, ironie du sort, avait changé son nom de Bullets pour devenir les Wizards il y a une quinzaine d’années. Après cette affaire, les free agents pourraient réfléchir à deux fois avant de signer du coté de la capitale. Même si le challenge d’un projet de reconstruction et les dollars pourront attirer certains. A la manière des Blazers il y a quelques années, les dirigeants de la franchise de Washington vont devoir travailler pour redorer le blason de leur équipe.

Sur le terrain, cette saison déjà pas brillante risque de se transformer en interminable galère. A moins que les magiciens retrouvent un peu de leur pouvoirs sans Arenas. Pas impossible quand on sait que certains joueurs (vous avez dit Brendan Haywood ?) semblaient de plus en plus irrités par leur capitaine.

« Je veux m’excuser auprès de tout le monde de les avoir laissé tomber de part ma conduite et je promet de faire mieux dans le futur, » explique Arenas. Mais y aura il un futur ? Probablement. En NBA, comme dans tous les sport US, tant qu’on a du talent, il y a des possibilités d’embauches.

En attendant, Arenas risque quand même très gros. Avec la justice d’abord. Puis pour sa carrière. Arenas pourrait voir des millions de dollars s’envoler. Comme les Wizards, Adidas est sur l’affaire. Enfin, l’agent Zéro devra se débrouiller avec sa conscience après avoir porté un mauvais coup à sa franchise.

Tout ca pour une blague…

3 Commentaires sur “Gilbert Arenas : La blague de trop ? Humour et conséquences…”

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  1. […] puis vient la blague de trop. Et une manière discutable de l’assumer. Avec sa suspension, Gil paye cash les conséquences […]

  2. […] ne fait pas bon être un fan de l’équipe de la capitale en ce moment. De catastrophe en catastrophe, il n’y aura quasiment rien eu de positif cette saison. Même Anday Blatche, […]

  3. […] blague de trop Et on en revient à cette malheureuse blague des pistolets posés dans le locker des Wizards. La blague de trop. Celles qui a rendu toutes ses autres frasques, jusque là tolérables, […]

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